Afrique du Sud

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives

Le PIB réel a augmenté au rythme de 0,7 % en 2019 (estimation), contre 0,8 % en 2018, et sa croissance devrait monter à 1,1% en 2020 puis à 1,8% en 2021 dans un contexte de risques aux plans national et mondial. Le déclin de l’agriculture et de l’exploitation minière a ralenti la croissance en 2019. Le secteur agricole a reculé de 4,8 % et l’exploitation minière de 1,7 % en 2018. des conditions météorologiques difficiles mais aussi un débat prolongé sur la réforme foncière ont pesé sur les performances agricoles. Le secteur minier, quant à lui, a été sapé par des pénuries d’électricité et des grèves qui se sont éternisées. Le secteur de la finance, de l’immobilier et des ser- vices aux entreprises a progressé de 1,8 % en 2018, contri- buant ainsi 0,4 point de pourcentage à la croissance. Le sec- teur des transports a crû de 1,6 % et le secteur manufacturier de 1 % en 2018. La production manufacturière a été affectée par les pénuries d’électricité récurrentes, la hausse des prix des intrants et la faiblesse de la demande dans un contexte de tensions commerciales internationales.

La consommation des ménages et des administrations publiques est restée un moteur clé de la croissance, contri- buant 1,5 point de pourcentage à la croissance en 2018. L’inflation a été de 4,7 % en 2018 et de 4,4 % en 2019, en raison de la baisse des coûts de carburant. de novembre 2017 à novembre 2018, le taux de change réel a augmenté de 8,1 %, ce qui a érodé la compétitivité des exportations sud- africaines. Le rand s’est échangé à 13,23 pour un dollar en 2018. Le régime de ciblage de l’inflation a permis d’amortir les effets du taux de change sur l’inflation.

Le déficit budgétaire est resté élevé, à environ 4,3 % en 2019, contre 4,2 % en 2018, dans un contexte d’insuffisance de recettes persistant, dû à la faible croissance économique. Le rapport « recettes fiscales sur PIB » a légèrement diminué, passant de 25,9 % en 2018 à 25,7 % en 2019. Le déficit budgétaire est financé par les marchés de capitaux nationaux, et selon les estimations, la dette publique de l’Afrique du Sud a atteint 55,6 % du PIB en 2019, contre 52,7 % en 2018. La dette extérieure ne représentait que 6,3 % du PIB, garantis- sant ainsi un financement durable de la dette. Le déficit du compte courant s’est creusé pour atteindre 3,5 % en 2018, en raison de la détérioration des termes de l’échange – les prix des importations, en rand, augmentant plus que ceux des exportations. Le déficit du compte courant a été financé

principalement par les investissements directs étrangers, qui ont progressé de 163 % entre 2017 et 2018.

Le chômage est passé à 27,1 % à la fin 2018, contre 26,5 % à la fin 2016. Le chômage des jeunes est passé à 54,7 % à la fin 2018, contre 51 % à la fin 2016. La faiblesse des compétences de la main-d’œuvre sud-africaine est l’une des causes du fort taux de chômage. Le taux de pauvreté en Afrique du Sud s’est établi à 55,5 % et les inégalités y sont parmi les plus fortes au monde.

Facteurs favorables et défavorables

L’Afrique du Sud entreprend des réformes pour s’attaquer aux contraintes structurelles qui freinent la croissance éco- nomique et la création d’emplois. L’une de ces réformes consiste à restructurer la société de services publics eskom afin de réduire le risque important que sa dette fait peser sur le Trésor. Parmi les autres réformes, citons la répartition du spectre des télécommunications, la suppression des obstacles à l’investissement minier et la révision des exigences en matière de visas, afin de stimuler le tourisme. Le gouvernement prend des mesures pour améliorer les investissements, revitaliser les townships et les parcs industriels.

L’Afrique du Sud a nettement chuté dans les classements mondiaux de compétitivité, passant du 47e rang sur 140 pays en 2016 au 67e en 2018. Cette baisse est principalement due à la pénurie de compétences, aux difficultés du secteur de la santé, à la faible concurrence parmi les produits sud-africains et à l’adoption limitée des technologies de l’information et des communications. Les maillons de chaîne de valeur entre l’ex- ploitation minière et la fabrication sont faibles, car l’Afrique du Sud exporte la majeure partie de ses ressources minérales sous forme brute. Cela rend le pays vulnérable aux chocs récurrents des prix mondiaux des matières premières.

La faible croissance mondiale, les tensions commerciales mondiales et la volatilité des prix des matières premières font également peser des risques sur l’économie sud-africaine. Plusieurs facteurs grèvent le budget du pays : une enveloppe salariale élevée dans le secteur public, la mauvaise performance des entreprises publiques et des programmes sociaux, y compris l’assurance maladie nationale. L’industrie sud-africaine gagnerait à produire davantage pour les marchés africains.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Résumé

L’Afrique du Sud n’est pas seulement une économie dominante en Afrique, mais elle possède également le marché de la dette intérieure le plus développé de la région. La courbe de taux des titres d’État a été étendue à 35 ans. Au cours de la décennie qui a suivi la crise financière mondiale, le gouvernement a enregistré d’importants déficits budgétaires, augmentant ses emprunts et faisant de la hausse du ratio dette/PIB de l’Afrique du Sud l’un des plus élevés parmi les économies comparables (MTBPS,2019).

Stratégie d’émission 

Selon la déclaration sur la politique budgétaire à moyen terme (MTBPS) de 2019, le besoin brut de financement du gouvernement se répartit entre le déficit budgétaire et la dette venant à échéance. Il devrait passer de 7,6 % du PIB en 2019/20 à 8,2 % du PIB en 2022/23.


Il sera financé par des levées de fonds sur les marchés de capitaux nationaux et internationaux. Les émissions de dette intérieure resteront la principale source de financement. En 2019, le gouvernement a relevé le niveau des adjudications et des emprunts auprès de la Corporation for Public Deposits afin de faire face aux pressions exercées sur les flux de trésorerie, d’apporter un soutien financier à Eskom - comme annoncé dans le budget de 2019 et dans le projet de loi de crédits spéciaux - et de combler les déficits de recettes prévus. Par conséquent, il n’a pas été nécessaire de procéder à d’autres ajustements des niveaux d’adjudication au titre des obligations nationales pour faire face à l’augmentation des besoins d’emprunt bruts dans le cadre de la MTBPS. 

Émissions de référence 

Par la réémission des obligations existantes sur le marché intérieur, le gouvernement est en mesure d’atteindre efficacement une taille de référence pour les entreprises publiques et les entreprises du secteur privé, ainsi que de répondre à la demande du marché. L’Afrique du Sud possède une courbe de taux de référence pour les obligations d’État. 

Il n’existe qu’une seule obligation de référence officielle, le R186, assorti d’une échéance de 10 ans. L’obligation R207, assortie d’une échéance de 4 ans, est utilisée à court terme, et l’obligation R209, assortie d’une échéance de 20 ans, est utilisée à très long terme. En outre, l’obligation R2048, avec une échéance de 32 ans, est en passe de devenir une obligation de référence.

Courbe de taux 

Modèles de calcul de la courbe de taux 

D’une part, l’Afrique du Sud a une courbe de taux implicite : le modèle de Nelson-Siegel s’applique aux  obligations indexées sur l’inflation et le modèle de Vasicek aux obligations à taux fixe et à coupon zéro. Cette courbe de taux est utilisée pour les besoins internes.

D’autre part, il existe une courbe de marché en Afrique du Sud. 

Méthodes d’interpolation 

Si le taux à un certain point de la courbe n’a pas été négocié, une interpolation est utilisée pour générer un taux approprié. L’Afrique du Sud utilise l’interpolation linéaire. 

Gestion de la courbe de taux 

Le Trésor national est chargé de calculer la courbe de taux implicite sur une base quotidienne. La courbe de taux n’est pas publiée. Toutefois, l’Afrique du Sud dispose d’une courbe de marché basée sur l’activité du marché secondaire (c’est-à-dire sur le cours acheteur, le cours vendeur et le taux). 

Affichage de la plateforme 

La courbe de taux du marché est disponible sur les systèmes Reuters et Bloomberg. 

Défis liés à la mise en place d’une courbe de taux efficace 

La courbe de référence de l’Afrique du Sud ne présente aucun défi particulier. 

Guide d’achat des obligations

Modalités de participation au marché

Les émissions initiales de bons du Trésor et d’obligations à taux fixe sont réservées aux spécialistes en valeurs du Trésor et à quelques banques. La participation aux adjudications d’obligations indexées sur l’inflation est ouverte à tous les membres de la Bourse de Johannesburg (JSE).

Les obligations réservées aux particuliers peuvent être achetées en ligne, par téléphone, par l’intermédiaire d’un courtier de la BESA, en personne au Trésor national (NT) (Division de la gestion actif-passif) ou dans les bureaux de poste. Les taux sont réputés compétitifs, et sans commission ni frais d’agence. Les montants pouvant être investis varient de 1 000 ZAR à 5 millions de ZAR, tant pour les obligations à taux fixe que pour celles indexées sur l’inflation.

Modalités de participation des non-résidents au marché

Les détenteurs d’obligations qui ne sont pas résidents de l’Aire monétaire commune (Afrique du Sud, Lesotho, Swaziland et Namibie) se verront remettre un certificat portant la mention « Non résident ».

Les non-résidents sont tenus d’instruire le Participant ou l’Opérateur agréé qu’ils ont désigné, quant à la façon dont les fonds qui leur sont dus sur la vente d’obligations doivent être traités. Ces fonds peuvent être payés à l’étranger, dans la mesure où les obligations concernées sont acquises dans une devise étrangère qui a cours en Afrique du Sud.

Cycle de règlement

Le cycle de règlement des obligations achetées en bourse est établi à 3 jours, et celui des obligations achetées hors bourse à 1, 2 ou 3 jours, avec la possibilité de différer les transactions de 3 à 6 jours au maximum. Le règlement est traité par le système Strate, le dépositaire central de titres de l’Afrique du Sud.

Régime d’imposition

Il n’y a aucune retenue d’impôt sur les intérêts, tant pour les résidents que pour les non-résidents. Toutefois, depuis le 1er mars 2014, une taxe de 15 % est appliquée sur les intérêts gagnés par les investisseurs étrangers.

Les gains en capital sont taxés au taux normal d’impôt sur le revenu sur 50 % des gains. Toutefois, les gains sur la vente de parts étrangères substantielles sont exemptés dans certaines conditions.

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

La participation étrangère est autorisée sur le marché des titres d’État. Les obligations municipales et obligations dédiées aux particuliers de la République d’Afrique du Sud (RSA) sont strictement réservées aux résidents permanents et aux citoyens.

Tous les secteurs professionnels de l’Afrique du Sud sont pour ainsi dire ouverts aux investissements étrangers. Aucune approbation de l’État n’est exigée relativement à un investissement, et les restrictions sont rares quant à la forme et à l’étendue de ces investissements étrangers.

Contrôle des mouvements de capitaux

Le contrôle des changes a été remplacé par des limites prudentielles pour les investisseurs institutionnels. Les non-résidents sont largement exemptés de contrôle des changes. Des restrictions ont été mises en place pour les sociétés et citoyens domiciliés en Afrique du Sud. La plupart des restrictions sur les investissements étrangers directs ont été levées, à l’exception des restrictions sur les banques, lesquelles ont été établies à un maximum de 40 % des actifs.

En ce qui a trait aux individus, un maximum de 4 millions de ZAR peuvent être investis off-shore, et le montant discrétionnaire annuel a été augmenté à 750 000 ZAR. Les principales limitations sont placées sur les fonds institutionnels, qui peuvent détenir un maximum de 20 % des actifs en investissements étrangers.

Restrictions sur les devises et le rapatriement des bénéfices

Le Département du contrôle des changes de la South African Reserve Bank (SARB) administre la politique relative aux devises. Un courtier en devises autorisé, soit en principe l’une des grandes banques commerciales, est chargé de traiter les transactions commerciales internationales et de déclarer tout achat de devises reçu par des résidents ou des sociétés d’Afrique du Sud. En général, les délais de conversion et de transfert des fonds sont très limités.

Les non-résidents peuvent acheter des titres locaux sans restriction aucune. Les non-résidents peuvent librement transférer des capitaux depuis l’Afrique du Sud et vice-versa. Ces transactions doivent être déclarées aux autorités. Les investisseurs étrangers doivent veiller à ce qu’un opérateur agréé endosse leur certificat de parts afin d’y faire figurer la mention « Non résident » et de faciliter le rapatriement du capital et des bénéfices. Les investisseurs étrangers doivent également tenir des registres à jour de tous leurs investissements.

Note de crédit

Agence de notation

Notation actuelle

Perspective

Fitch

BB

Négative

Moody’s

Ba1

Négative

Standard & Poor’s    

BB

Négative

Liste des spécialistes en valeurs du Trésor

Les spécialistes en valeurs du Trésor autorisés par le Trésor national (NT) sont :

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