Madagascar

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives
La croissance du PIB réel est estimée à 5,2 % en 2019. Le secteur primaire, qui représentait 2,4 % du PIB en 2019, est porté par l’agriculture traditionnelle, fortement exposée aux effets des changements climatiques (sécheresse, cyclone). La contribution du secteur secondaire, dans une dynamique de transformation, est passée de 18,5 % du PIB en 2015 à 21,3 % en 2019, grâce aux entreprises exportatrices. Le secteur tertiaire, le plus important de l’économie, n’a pas connu de changement significatif (0,8 point de progression) et représentait 58 % du PIB en 2019. Il est porté par les branches les moins productives (commerce, transport) où se concentrent les activités informelles.

Les finances publiques se sont améliorées, avec un accroissement du recouvrement des recettes publiques qui devraient atteindre 12,2 % du PIB en 2019, contre 10,5 % en 2015. Malgré une hausse continue, de 3,5 % du PIB en 2015 à 8,3 % en 2019, les dépenses d’investissement public demeurent insuffisantes pour faire face aux besoins en infrastructures.

Le déficit budgétaire, qui était de 1,5 % du PIB en 2018, est passé à 2,4 % en 2019 et devrait grimper à 4,1 % en 2020 et 4,9 % en 2021. La balance courante, après avoir enregistré un excédent de 0,8 % du PIB en 2018, est passée à un déficit de 0,2 % en 2019 qui devrait s’approfondir à 1,5 % en 2020 et 2,4 % en 2021. Le risque de surendettement extérieur, d’un niveau modéré en 2015, est passé à un niveau faible en 2019 selon le FMI. Les pressions inflationnistes sont restées fortes entre 2015 et 2019, atteignant un pic de 8,6 % en 2018 avant de redescendre à 6,2 % en 2019.

Facteurs favorables et défavorables

La croissance du PIB réel devrait être de 5,3 % en 2020, puis 5,1 % en 2021, grâce aux investissements publics et privés dans les infrastructures (port, aéroport, routes, énergie).

Pour soutenir les investissements publics, une forte priorité devrait être accordée à une mobilisation accrue des recettes publiques. Une politique monétaire prudente a permis de

conforter les réserves officielles brutes de la Banque centrale (4,3 mois d’importation en 2019 contre 2,4 mois en 2015). Les pressions inflationnistes devraient également s’amoindrir avec un taux de 6,1 % en 2020 et 5,8 % en 2021.

Pour soutenir la politique monétaire et conforter durablement les échanges extérieurs, les pouvoirs publics devraient mettre l’accent sur le soutien au développement d’industries de substitution pour les produits alimentaires et les biens intermédiaires. Les sous-secteurs les plus structurés et les plus productifs dans les services (télécommunication, banques et assurance) sont encore peu développés (4 % du PIB en 2019), mais font preuve de dynamisme. Un plus grand soutien à ces sous-secteurs pourrait favoriser l’accélération de la croissance et la génération des emplois décents au cours des prochaines années.

Un marché africain plus ouvert dans le cadre de l’intégration régionale pourrait devenir un débouché potentiel pour les excédents de produits alimentaires, à condition que l’accent soit mis sur les infrastructures pour améliorer l’accès et facili- ter les échanges.

Le pays est vulnérable aux chocs extérieurs, notamment la baisse des cours du nickel et de la vanille, ainsi que la hausse des cours du pétrole et des biens importés. L’économie reste fortement dépendante des importations de biens (produits alimentaires et intermédiaires, produits pétroliers) qui représentent plus de 71 % des importations totales.

Les produits de rente à plus forte valeur ajoutée destinés à l’exportation (vanille, girofle, fève de cacao) sont cultivés à petite échelle et l’agro-industrie et les industries alimentaires restent peu développées (à peine 2 % du PIB) avec pratiquement aucune progression au cours des dernières années. Les politiques publiques n’ont pas allégé les contraintes structurelles du secteur (absence de routes et énergie insuffisante), l’insécurité dans les zones de production, les difficultés d’accès à la terre et au financement.

L’agriculture, qui repose essentiellement sur les cultures de subsistance (riz, manioc, maïs, etc.), occupe près de 80 % de la population, et les emplois dans le secteur sont caractérisés par de faibles rémunérations et le sous-emploi. Le taux de pauvreté dans l’agriculture était de 86,4 % en 2013.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Résumé

La dette du Gouvernement Central à fin Décembre 2019 est estimée à 17 214,9 milliards MGA (c/v 4 794,4 millions USD) équivalent à 33,2 pourcent du Produit Intérieur Brut.

La dette intérieure représente 22,5%4 de la totalité de la dette du Gouvernement Central, soit 3 869,4 milliards MGA (c/v 1 077,6 millions USD). La dette intérieure est composée essentiellement de Bons du Trésor par Adjudications (BTA) à court terme et à taux d'intérêt élevé. Le portefeuille de la dette de l’Etat reste exposé aux risques, à la fois de taux d’intérêt, et de refinancement. Cela est dû principalement à l’émission de titres publics domestiques, le plus souvent de court terme et à un taux d’intérêt élevé, pour combler le besoin de financement croissant de l’Etat .

La dette extérieure, majoritairement concessionnelle (91,7% ) , constitue 77,5% du portefeuille de la dette publique, dont 54,8% et 26,8% sont exposés au Dollar Américain (USD) et à l’Euro (EUR) respectivement.

Stratégie d’émission

La mise en œuvre de la dernière stratégie de dette à moyen terme (SDMT) 2019-2021 au titre de l’année 2019  donne une composition préférable du portefeuille de la dette qui minimise les coûts et risques en tenant compte de divers paramètres pour la période 2020-2022.

Au cours de l’année 2019, une hausse des tirages sur la dette intérieure est enregistrée, soit 3 199,5 milliards MGA contre2 840,5 milliards MGA initialement prévu, pour satisfaire les besoins de la trésorerie de l’Etat. Les tirages sur les BTA s’élèvent à 2 081,5 milliards MGA constituant 65,1% du tirage total de la dette intérieure, ceux des Bons du Trésor à moyen-terme (BTF 2 et 3ans) à 428,4 milliards, soit 13,4%. Les actions entreprises en vue de la vulgarisation des Bons de Trésor à moyen terme ont porté leurs fruits. Les Bons de Trésor FIHARY (BTF) de 2 ans et 3 ans de maturité gagnent de plus en plus de terrain sur le marché des titres publics intérieurs, bien que cela soit encore moindre que pour les Bons de Trésor par Adjudication (BTA).  Concernant la répartition de la souscription aux titres publics (hors TCN) par secteur bancaire et non bancaire, le secteur bancaire en détient une part de 66% environ. Pour les BTA et BTF, 82% et 70% environ sont détenus respectivement par le secteur bancaire. Tandis que 100% des souscriptions en BTS sont détenues par le secteur non bancaire.

Concernant la dette exterieure, la strategie preconisée pour l Etat est une maximisation du recours à l’emprunt extérieur concessionnel assortie de divers indicateurs cibles de risques liés à la gestion de la dette afin de  maîtriser les risques de refinancement, de taux d’intérêt et de taux de change à fin 2022. Toutefois, il est prévu une augmentation du recours aux emprunts semi-concessionnels et non concessionnels, mais à un niveau limité, par rapport aux années antérieures, afin de satisfaire le besoin de financement de l’Etat. Pour limiter l’exposition aux fluctuations de taux d’intérêt, les prêts extérieurs à long-terme à taux d’intérêt fixe sont privilégiés par rapport aux prêts à taux variable

[Source: Annexe au projet de Loi N°005/2019 portant Loi de Finances2020 ]

Taux de réference

La construction de la courbe des taux n'est pas prise en compte dans la stratégie d'émission. Cependant, le gouvernement de Madagascar vise 1-2 et 3 ans comme échéances de référence. Les méthodes d'enchères et de souscription sont utilisées pour l'émission de titres. Il n'y a pas de courbe de rendement de référence à Madagascar.

La courbe des taux

Il n'y a pas de courbe de rendement à Madagascar et la stratégie d'émission du gouvernement.

Les défis de la construction d'une courbe de rendement efficace

  • Base d'investisseurs restreinte: les banques commerciales sont les principaux investisseurs en titres publics.

  • Base de la liquidité saisonnière des banques.

  • Marché secondaire non liquide

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

Les règles de participation sur le marché des bons du Trésor sont disponibles sur le site de la Banque Centrale; ces règles différent selon qu'il s'agit des bons de Trésor à court terme ou des bons à moyen terme.  

Pour participer aux adjudications des Bons du Trésor à moyen terme (Bons du Trésor FIHARY), il faut détenir un compte auprès du Trésor Malgache. La participation est organisée telle que suit: du 1er au 10 du mois, seules les banques commerciales peuvent participer jusqu'à 50%, le secteur non-bancaire peut participer pour l'autre 50%; du 11 au 15 du mois, tous les autres investisseurs peuvent participer.  

Pour participer aux adjudications des BTA, il faut détenir un compte bancaire. Les adjudications sont ouvertes à tous. Le montant minimum de souscription pour les offres compétitives et non-compétitives est de 20 millions d'Ariary et une somme égale à 5% de l'offre est requise initialement; toute offre supplémentaire doit se faire en tranches de 10 millions d'Ariary.

Cycle de règlement

Après 8h 50mn, l’heure limite de réception des offres, aucune offre ne peut être retirée ou modifiée .Tout souscripteur non bancaire doit effectuer un dépôt de garantie pour un montant égal à 5% du montant nominal de ses offres lors de la soumission.  Une fois ses offres retenues, le souscripteur doit approvisionner son compte espèces auprès de la BFM du montant net à régler le jeudi suivant l’adjudication:

  • avant 12h 00 pour la réception des chèques
  • avant 16h 00 pour la réception de l’avis de crédit ou l’ordre de virement des banques

Notation 

Agence de notation Notation actuelle Perspectives
Moody’s    
Fitch    
Standard and Poor’s B- Negative

Spécialistes en valeurs du Trésor

Actuellement, neuf (09) banques parmi les onze (11) banques sont des intermédiaires de marché des BTA pour animer le marché secondaire. Suivant les dispositions dans la convention d’intermédiation des BTA, ces intermédiaires de marché doivent afficher journalièrement leurs taux d’achat et de vente des BTA.

Impositon

L’impôt sur le revenu des capitaux mobiliers (IRCM) est le taux d’impôt applicable sur tous les paiements d’intérêt; ce taux est fixé à 21%. La périodicité de la déclaration d’IRCM est intermittente (le 15 du mois qui suit la mise en distribution. 

Ouverture aux investisseurs internationaux

Le Economic Development Board de Madagascar (EDBM) continue d’assurer du soutien aux investisseurs étrangers, en dépit de la suspension temporaire du financement de la Banque Mondiale. Le gouvernement malgache encourage l’investissement public étranger, en rendant le processus d’investissement le moins administratif possible; cela prend désormais 4 jours ouvrables pour enregistrer une compagnie et une semaine pour rassembler les signatures nécessaires pour démarrer une compagnie.

Par ailleurs, il n’y a aucune loi ou régulation permettant aux entreprises du secteur privé à adopter des articles d’incorporation ou d’association qui limite ou interdit la participation ou le contrôle.

 

 

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