Afrique centrale

Central Africa Chad Cameroon Equatorial Guinea Gabon Congo Congo, Democratic Republic Central African Republic

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La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est née des cendres de l’Union douanière et économique de l’Afrique centrale (UDEAC) en 1994 comme une union douanière et monétaire, sous l’impulsion de six États membres (Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Congo,  Guinée Équatoriale et Gabon). D’autres structures existent avec la CEMAC, notamment l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), qui est chargée de l’intégration économique, et l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), chargée de l’intégration monétaire et financière.

Les principaux objectifs stratégiques de la CEMAC sont les suivants :

  • Créer une union douanière fonctionnelle et efficace à tous égards ;
  • Développer les ressources humaines et naturelles des pays membres pour le bien-être des populations ;
  • Assurer la convergence de la performance des politiques économiques à travers la surveillance macroéconomique multilatérale ; et
  • Promouvoir les politiques sectorielles qui permettent de créer un marché commun pour les biens, les capitaux et les services, en harmonisant davantage les politiques et le cadre juridique et réglementaire des États membres.

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a été créée par la convention instituant l’UMAC et l’Accord de coopération monétaire conclu entre la France et les six États membres de la CEMAC, qui a créé la monnaie commune, le franc de la coopération financière en Afrique (franc CFA). Les principales missions de la BEAC sont les suivantes : 

  • Définir et mettre en œuvre la politique monétaire de l’Union monétaire ;
  • Émettre les billets de banque et les pièces qui ont cours légal dans l’Union monétaire ;
  • Conduire la politique de change de la zone CEMAC ;
  • Gérer les réserves officielles de change des États membres ;
  • Promouvoir le bon fonctionnement des systèmes régionaux de paiement et de règlement.

Le système de paiement des pays de la CEMAC est rudimentaire et constitue un obstacle au développement du secteur financier et des économies des pays membres. Il constitue également une entrave à l’intégration régionale et à la gestion des liquidités bancaires. Le système actuel est lent, peu fiable, compliqué et coûteux pour les participants. 

La monétique, qui constitue un moyen important d’élargissement de l’accès aux services financiers, est encore dans un état embryonnaire. Certes, quelques banques ont introduit des cartes, mais celles-ci servent presque exclusivement à retirer des espèces dans un nombre limité de DAB, et en général,  elles ne peuvent être utilisées qu’aux terminaux des banques émettrices. 

Pour résoudre ces problèmes, un projet de réforme des systèmes régionaux de paiement a été lancé en 2003 afin d’accroître l’efficacité et la sécurité des systèmes de paiement en mettant en place trois systèmes pour faciliter les paiements sécurisés et rapides à un coût raisonnable. Toutefois, leur déploiement a été entravé par un manque d’expérience, de capacité d’exécution et de coordination aux différents niveaux de la BEAC en matière de mise en œuvre d’un projet ambitieux et complexe ; et le manque de compréhension des changements que de tels systèmes apporteront à ses opérations internes ainsi qu’à ses relations avec les banques. Un autre facteur est le manque d’enthousiasme manifesté par certaines banques (celles qui ont déjà des produits électroniques) vis-à-vis du projet actuel visant à développer un système de cartes interbancaires. 

La Banque de développement des États d’Afrique centrale a été créée par les pays de la CEMAC pour mobiliser à long terme les ressources destinées au financement des grands projets d’investissement. À ce jour, la BDEAC a reconstitué ses actifs avec des subventions (tranche annuelle des recettes fiscales et douanières émanant du fonds de développement de la CEMAC), des prêts auprès des partenaires internationaux et l’émission d’obligations. La BDEAC a également obtenu une ligne de crédit renouvelable de la BEAC. 

La CEMAC a des marchés financiers nationaux étroits et embryonnaires. En 2003, les pays de la  CEMAC ont entrepris de créer la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), marché boursier régional basé à Libreville. Au même moment, le Cameroun a mis en place une bourse nationale, la Douala Stock Exchange (DSX), ce qui s’est soldé par l’existence de deux marchés boursiers dans la région. En termes d’infrastructure de marché, les deux bourses des valeurs ont pratiquement des ressources et procédures techniques identiques. Certes, leurs logiciels de cotation sont différents (NSC V 9000 Euronext pour BVMAC et 3 V Finance pour DSX), mais les systèmes de dépositaire central sont identiques. 

Toutefois, leur coexistence entrave le développement des activités du marché financier. Des disparités juridiques existent du fait de la coexistence de deux organes de régulation dans la région  – l’autorité du marché financier régional – la COSUMAF (Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale), et la Commission du marché financier au Cameroun, qui a compétence sur tout le territoire national.  Pour résoudre ce problème, la CEMAC a engagé des discussions qui se traduiront par la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire harmonisé dans la région.

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Tableau récapitulatif des pays

PaysPIB (US$ million) 2012Croissance PIB (en glissement annuel)Dette extérieure (millions USD)Dette extérieure (en % du PIB)Dette publique nationale (millions USD)Dette publique nationale (en % du PIB)
Cameroun26,4044.944201.592,2598.55
République Centrafricaine2,0103.10100.5038819.31
Chad12,7307.182001.572,06616.23
Congo, Dem. Rep.18,1357.22--5,59530.85
Congo, Rép. dém.14,3234.91--2,18715.27
Guinée Équatoriale24,0705.52--1,6987.05
Gabon19,4105.62300.151,3506.96