Tchad

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives


Après deux années de récession (2016, 2017), suite à la baisse des cours du pétrole qui a conduit à une crise d’en- dettement, le taux de croissance est redevenu positif, atteignant 2,4 % en 2018 et 2019, poussé par la bonne tenue des céréales (+1,2 % de croissance en 2019), du coton (+142 %), et du pétrole (+14 %, soit 146 000 barils/jour).

Le taux d’inflation s’est établi à 3,0 % pour 2019, restant dans la limite de la norme CeMAC de 3 %.

L’assainissement des finances publiques dans le cadre d’un programme avec le FMI, avec le rééchelonnement en 2018 de la dette avec la société commerciale Glencore, assure un cadre favorable à la soutenabilité des dépenses publiques.

Le solde budgétaire est redevenu positif en 2018 (1,9 % du PIB) et en 2019 (0,2 %), mais le niveau des arriérés inté- rieurs demeure élevé (10,1 % du PIB en 2018), ce qui constitue le principal obstacle à la reprise de l’activité économique. Le recours au financement bancaire du déficit public a affaibli la viabilité des banques tchadiennes et a eu un effet d’éviction au détriment du financement du secteur privé. Quant au solde courant, il a enregistré un déficit de 6,7 % du PIB en 2019, contre 3,4 % en 2018.

Le Tchad est classé au 186e rang sur 188 par l’Index de développement humain avec un taux de pauvreté de 46,7 %. Le taux de chômage est de 5,8 %, celui des jeunes diplômés étant très élevé, passant de 42 % en 2015 à 60 % en 2017 par suite de la récession économique.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives sont bonnes avec un taux de croissance du PIB de 5,5 % projeté pour 2020 et 4,9 % pour 2021.

Pays membre de la CeMAC, le Tchad est partie prenante de la stratégie régionale lancée en 2017 pour remédier aux déséquilibres budgétaires et extérieurs de tous les pays de la

zone. Avec un potentiel agricole important en termes de terres cultivables et d’élevage, l’agriculture représente près de 35 % du PIB et emploie entre 75 % et 80 % de la population. en août 2018, le gouvernement a adopté un Projet de loi d’orientation agricole en appui au développement des chaînes de valeur. Il a fait appel aux investisseurs étrangers, notamment le Groupe oLAM pour relancer le secteur coton et engager des initiatives pour promouvoir l’exportation de bétail et de viande.

Le pays contribue aux infrastructures régionales (routes, interconnexion électrique, préservation du bassin du Lac Tchad, fibre dorsale, route transsaharienne Algérie – Niger – Nigéria – Tchad).

Les éléments ci-après présentent un risque aux perspec- tives du pays :
• Une forte dépendance au pétrole (79 % des recettes d’ex-

portations et 37 % des recettes budgétaires en 2019) et un environnement des affaires peu favorable ;
• Une pauvreté endémique, un important chômage des jeunes (60 % des diplômés de l’enseignement supérieur sont au chômage) et une forte pression démographique (taux de croissance de 3,53 % par an et un taux de fécondité de 6,4 enfants par femme) ;

• Une exposition aux effets du changement climatique ; et • Un climat politique instable et problèmes sécuritaires.

en 2018, le Tchad était classé au 51e rang sur 54 pays dans l’Indice de développement des infrastructures en Afrique. Avec une forte dépendance vis-à-vis du pétrole, le pays doit diversifier son économie en valorisant ses res- sources agricoles.

Le pays connait un important déficit en capital humain et en compétences dans presque dans tous les secteurs clés de l’économie, ce qui s’explique en partie par la propension des Tchadiens à suivre des formations non techniques (moins de 2 % de bacheliers sont inscrits dans les filières scientifiques). dans de nombreux domaines, le Tchad fait donc appel à la main d’œuvre étrangère, notamment camerounaise.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Stratégie d’émission

La politique budgétaire visera à accroitre les investissements publics tout en préservant la soutenabilité de la dette publique selon le Plan National de Développement 2017-2021. La stratégie d’endettement se basera sur entre autres  orientations  à :

  • Continuer à rechercher prioritairement des prêts hautement concessionnels et/ou concessionnels, en respectant les engagements du pays vis-à-vis de ses partenaires financiers, les critères de convergence de la CEMAC et les seuils de viabilité de la dette ;
  • Poursuivre la bonne exécution du service de la dette afin d’éviter l’accumulation d’arriérés de paiements ;
  • Elaborer une stratégie de la dette à moyen terme qui vise une structure appropriée du portefeuille de la dette permettant une meilleure gestion des risques.

Ainsi les financements locaux seront diversifiés, soit en termes de maturité ou de nature des titres (BTA, OTA, Emprunts obligataires) à travers le marché financier sous régional. A moyen terme et dans l’objectif d’attirer une nouvelle base d’investisseurs, le Trésor Public préparera les préalables juridiques et institutionnels pour l’émission des SUKUK islamiques.

Les prêts à des conditions concessionnelles orientés vers les secteurs productifs et les infrastructures seront priorisés dans un souci de respect des ratios de viabilité et de soutenabilité de la dette publique.

En 2018, le ratio dette interieure/PIB sélève à 19,07% et celui de la dette extérieure/ PIB 23,46%.

Afin d’éviter de remettre en cause la viabilité de la dette, le recours à l’endettement devra continuer à être piloté avec beaucoup de prudence.

Benchmark 

Le Tchad n'a pas défini un nombre limité d'échéances de référence. L'Etat emet sur les maturités de 13, 26 et 52 semaines pour les titres à courts terme, mais également sur les maturités à long terme 2 ans, 3 ans et 5 ans.

Courbe des taux

Modèles de calcul de la courbe des taux

La BEAC a mis au point sa propre méthode interne pour calculer sa courbe de rendement : la courbe de rendement implicite. Les courbes sont principalement établies à partir des données du marché primaire et des transactions du marché secondaire, lorsque celles-ci sont importantes. 

Pour les données relatives au marché primaire des adjudications de BTA et d’OTA ou la syndication d’OT, on utilise les émissions dont le montant est supérieur ou égal à 1 milliard de francs CFA. En ce qui concerne les OT, et dans la mesure du possible, le taux de sortie effectif est pris en compte lors de l’établissement de la courbe des rendements. S’agissant du marché secondaire, toutes les données de transaction sont prises en compte sur la base du clean price/ prix pied du coupon (prix de la transaction après déduction du coupon couru).

Méthodes d’interpolation

Dans la région de la CEMAC, le modèle utilisé est celui de Nelson-Siegel et la technique d’estimation est basée sur la méthode généralisée de l’algorithme du gradient réduit pour optimiser les problèmes non linéaires.

Gestion de la courbe de rendement

Les courbes de rendement établies par la BEAC sont mises à jour et publiées chaque mois. Elles sont communiquées aux Trésors publics nationaux et aux autres acteurs du marché par l’intermédiaire des directions nationales de la Banque centrale et publiées sur le site web de la BEAC (www.beac.int). En outre, les données utilisées pour élaborer ces courbes sont également publiées sur le site de la BEAC en même temps que la courbe.

Défis liés à la mise en place d’une courbe de rendement efficace

  • Le caractère peu liquide et restreint du marché secondaire : les investisseurs achètent leurs titres et les conservent jusqu’à l’échéance.
  • L’étroitesse de la base des investisseurs : seules les banques interviennent sur le marché des obligations.
  • La coexistence de trois agences émettrices d’obligations et de bons : la Douala Stock Exchange (DSX) et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) sont chargées de la syndication. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est responsable des adjudications.

 

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

La BEAC organise l’adjudication des valeurs pour le compte des États. L’adjudication des titres se fait au prix vendeur. Les ordres sont les taux d’intérêt non distribués ou le prix offert par les soumissionnaires dans les limites du taux d’intérêt maximum ou du prix maximum décidé par le gouvernement.

Au terme de l’adjudication, les informations générales, y compris le montant des offres exprimées, les montants utilisés, le taux et la variation maximale du cours retenue sont diffusés dans la presse.

Les modes de création, de présentation et de comptabilité des offres sont déterminés par accord d’une part, entre la BEAC et les trésoreries nationales et, d’autre part, entre la BEAC et les opérateurs primaires. Les souscriptions aux titres publics sont fermes et irrévocables. Elles sont payées en un versement unique en débitant le compte des opérateurs primaires ouvert à la BEAC, et portées au crédit d’un compte de trésorerie spécial ouvert à cet effet.

Étant donné que le marché des titres d’emprunt n’est pas développé, le calendrier optimal a été adopté dans le cadre d’un programme régulier.

Les 6 trésoreries nationales émettent à tour de rôle à intervalles réguliers. Chaque trésorerie nationale émet des bons du Trésor chaque semaine le mercredi. En général, les montants ne sont pas élevés pour permettre à tous les États d’émettre en même temps, de sorte que chaque État totalise 52 émissions de bons du Trésor chaque année. Chaque trésorerie nationale est autorisée à émettre des obligations du Trésor mensuelles. Les ventes sont programmées pour chaque mercredi. 

Cependant, au regard de la nature de l’instrument et du volume des transactions attendu par rapport aux besoins d’investissements publics, les trésoreries ne sont pas en mesure d’émettre le jour fixé. 

Un calendrier de relais a été élaboré pour les ventes aux enchères prévues les mercredis :

  • Cameroun : 1er mercredi du mois
  • Afrique centrale – Congo : 2e mercredi du mois
  • Gabon : 3e mercredi du mois
  • Guinée équatoriale – Tchad : 4e mercredi du mois.

Ces émissions se dérouleront à intervalles réguliers et seront rendues publiques.

Le montant total des douze émissions sera publié dans la Loi des finances chaque année. Pour chaque exercice, ce montant sera communiqué au marché par le ministre des Finances au plus tard le 30 novembre de l’année précédente. Cette communication faite par le ministre en charge des finances peut prendre la forme d’une conférence, d’une séance d’information ou d’un communiqué de presse. Mais le montant de l’émission ne sera pas publié à cette occasion.

Toutefois, le montant à collecter pour chaque vente aux enchères est spécifié dans l’annonce de lancement de la vente, conformément au calendrier d’émission de la trésorerie nationale.

Sur le marché secondaire, les bons du Trésor se négocient de gré à gré à et les obligations du Trésor se négocient à la Bourse des valeurs mobilières de Douala (DSX) et à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).

Cycle de règlement

Le règlement des transactions se déroule à T+3.

Imposition

Le niveau d’imposition en application du Règlement N° 14/07 - UEAC-175-CM-15 portant institution d’un régime fiscal spécifique applicable aux opérations cotées à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) est ainsi libellé : «  Sont exonérés d’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM) ou tout autre impôt ou prélèvement de même nature […] les intérêts des obligations des États, pour les résidents de la CEMAC ». Les souscripteurs résidant en dehors de la zone CEMAC doivent se conformer aux lois de l’impôt sur le revenu en vigueur dans leur pays de résidence. L’émetteur lèvera une retenue à la source sur les remboursements de prêt.

Notation

Agence de notation Notation actuelle Perspectives
Moody’s Pas de notation Pas de perspective
Fitch Pas de notation Pas de perspective
Standard and Poor’s Pas de notation Pas de perspective

Opérateurs primaires

Les adjudications de titres publics sont exclusivement réservées aux opérateurs primaires. Chaque État membre de la zone CEMAC dispose de son propre réseau d’opérateurs primaires. Toutefois, un établissement de crédit qui satisfait aux conditions d’admissibilité ne peut être opérateur primaire que le pays dont il est originaire ou, à la demande, pour le compte de tous les États. Les ministres des Finances choisissent les opérateurs primaires parmi tous les organismes de crédit de la CEMAC qui répondent aux spécifications adoptées par le Comité des ministres, après consultation avec le Comité de politique monétaire.

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Les investisseurs étrangers peuvent accéder au marché des titres d’emprunt aux mêmes conditions que les nationaux de la zone. Il n’existe aucune loi discriminatoire à l’égard des participants étrangers au marché.

Contrôle des mouvements de capitaux

Il n’existe aucune restriction sur la propriété par les étrangers dans la zone CEMAC.

Restriction de change et rapatriement de bénéfices

Il n’existe aucune restriction sur l’obtention de devises.

La Banque centrale régionale, la BEAC, émet la monnaie CFA qui doit circuler parmi les membres de la CEMAC. Bien que le franc de l’Afrique centrale soit égal au Franc CFA de l’Afrique de l’Ouest, ces deux monnaies ne sont pas habituellement acceptées pour effectuer des règlements dans chacune des zones.

Les investisseurs étrangers ont le droit de rapatrier les recettes et bénéfices des ventes des instruments financiers. Il n’y a pas de restriction sur la conversion ou le transfert des fonds liés aux investissements, y compris les envois de fonds des capitaux d’investissement, les recettes, les remboursements de prêt et les loyers.

Documents et ressources

Documents - Ministère des Finances

Documents - Banques Centrales

Documents - Other sources

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.