Equatorial Guinea

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives

La Guinée équatoriale continue à peiner pour sortir de la récession économique provoquée par la chute des cours du pétrole en 2014. Le PIB réel a diminué selon les estimations de 4,1 % en 2019 après s’être contracté de 6,1 % en 2018 en raison de la baisse de l’activité du secteur pétrolier. Le taux d’inflation reste faible, à 1,4 % en 2019 contre 1,3 % en 2018, sous la norme de 3 % de la CeMAC.

en 2018, les finances publiques se sont raffermies grâce à la mise en œuvre de la plupart des mesures du programme de référence signé avec le FMI. des coupes drastiques ont été effectuées dans les dépenses publiques en capital (–20,6 %) et le recouvrement des recettes fiscales s’est amélioré, les recettes non pétrolières augmentant de 7,2 %. Le solde bud- gétaire, qui présentait un déficit de 2,6 % du PIB en 2017, est devenu excédentaire (0,5 % du PIB en 2018 et 1,3 % en 2019). Le déficit des transactions courantes est passé de 7,7 % du PIB en 2018 à 5,6 % en 2019, suite à la diminution des impor- tations des biens d’équipement.

Les progrès accomplis dans le domaine du développe- ment humain sont en deçà des potentialités économiques de la Guinée équatoriale ; selon l’Indice de développement humain (IdH), le pays est passé de la 139e place sur 188 pays en 2016 à la 141e place sur 187 pays. Le taux brut de scolarisation dans le primaire atteignait 80 % et le taux de redouble- ment 24 %. Le chômage touchait 25 % de la population active en 2017 et le secteur hydrocarbures n’employait que 4 % de la main d’œuvre.

Facteurs favorables et défavorables

La manne pétrolière a permis au pays de moderniser ses infrastructures depuis deux décennies. d’ambitieux programmes sont en cours de réalisation pour différents types d’infrastructures (routes, ports, aéroports, adduction d’eau, transport, production et distribution d’électricité, etc.) généra- lement neuves et en bon état.

La diversification économique, qui tarde à se matérialiser, reste un objectif important pour la croissance et la stabilité économique du pays à long terme. Le secteur agricole, dont la contribution à l’économie nationale a été inférieure à 2 % du PIB entre 2014 et 2018, a un potentiel de 850 000 hectares (contre 20 000 hectares cultivés aujourd’hui). Le Plan national d’Investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutrition- nelle met l’accent sur la formation des agriculteurs et la créa- tion 2015–2020 de petites et moyennes entreprises agricoles.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture (0,2 % du PIB entre 2014 et 2018) pourrait aussi être une importante source de diversification grâce à l’ampleur de la zone économique exclusive (territoire maritime) du pays.

L’économie reste dominée par les hydrocarbures, même si les activités hors pétrole sont passées d’environ 40 % du PIB en 2013, à 56 % en 2017. Les perspectives macroécono- miques du pays restent négatives, avec une récession atten- due en 2020 en liaison avec la baisse prévue de l’activité dans le secteur pétrolier (–6,8 % en 2020). en revanche, les ten- sions inflationnistes devraient demeurer modérées, avec des taux d’inflation d’environ 1,6 % en 2020 et 1,4 % en 2021.

Afin de maintenir le dynamisme mis en place pour la résorption des déséquilibres macroéconomiques et assurer la stabilité du cadre macroéconomique du pays à moyen terme, le gouvernement a fait les efforts nécessaires pour la mise en œuvre du Programme de Référence avec le FMI, et des négociations pour une Facilité étendue de crédit ont démarré en septembre 2019. Ce programme devrait viser à maintenir une stabilité macroéconomique et renforcer le secteur bancaire, tout en en promouvant la protection sociale, la diversification économique, la bonne gouvernance et la transparence. Le solde budgétaire devrait connaître une amélioration, enregis- trant des excédents de 1,4 % du PIB en 2020 et 0,5 % en 2021.

Sur le plan institutionnel, le pays est confronté à une faiblesse structurelle des capacités en matière de gestion des finances publiques et de gouvernance dans la mise en œuvre de sa politique de transformation économique et sociale.

État de préparation du secteur de la santé

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la COVID–19 représente un risque élevé pour la Guinée Équatoriale compte tenu des faibles capacités de son système de santé, du manque d’équipements nécessaires pour lutter contre la pandémie, des mauvaises conditions d’hygiène et de vie, du surpeuplement dans les grandes villes et des taux de morbidité élevés, ce qui pourrait conduire à une gravité accrue de la maladie. La capacité du pays à dia- gnostiquer et à traiter les patients atteints de la COVID–19 est insuffisante. Avec un score de 16,2, l’Indice mondial de sécurité sanitaire de 2019 a classé le système de santé de la Guinée Équatoriale au dernier rang des 195 pays étudiés.

Réponse du gouvernement

En réponse à la crise, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures, dont la fermeture des frontières et des écoles, l’instauration d’un couvre-feu et le confinement total du pays. Il a adopté un plan d’intervention sanitaire qui devrait coûter 402 millions de FCFA, et a pris des mesures pour répondre aux besoins fondamentaux de la population (santé, emploi, eau, électricité, logement, transports) et pour soutenir les entreprises touchées par la crise de la COVID–19 dans le secteur non pétrolier, en particulier les petites et moyennes entreprises. Le gouver- nement contribuera 5 milliards de FCFA au fonds national d’urgence COVID–19. Les autorités comptent également sur une mobilisation rapide de l’appui technique et finan- cier des partenaires au développement pour aider le pays à répondre à l’urgence sanitaire et à réduire l’impact sur l’économie et la population.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Benchmark

La Guinée équatoriale n'a pas défini un nombre limité d'échéances de référence. L'Etat emet sur les maturités de 13, 26 et 52 semaines pour les titres à courts terme, mais également sur les maturités à long terme 2 ans, 3 ans et 5 ans.

Courbe des taux

Modèles de calcul de la courbe des taux

La BEAC a mis au point sa propre méthode interne pour calculer sa courbe de rendement : la courbe de rendement implicite. Les courbes sont principalement établies à partir des données du marché primaire et des transactions du marché secondaire, lorsque celles-ci sont importantes. 

Pour les données relatives au marché primaire des adjudications de BTA et d’OTA ou la syndication d’OT, on utilise les émissions dont le montant est supérieur ou égal à 1 milliard de francs CFA. En ce qui concerne les OT, et dans la mesure du possible, le taux de sortie effectif est pris en compte lors de l’établissement de la courbe des rendements. S’agissant du marché secondaire, toutes les données de transaction sont prises en compte sur la base du clean price/ prix pied du coupon (prix de la transaction après déduction du coupon couru).

Méthodes d’interpolation

Dans la région de la CEMAC le modèle utilisé est celui de Nelson-Siegel et la technique d’estimation est basée sur la méthode généralisée de l’algorithme du gradient réduit pour optimiser les problèmes non linéaires.

Gestion de la courbe des taux

Les courbes de rendement établies par la BEAC sont mises à jour et publiées chaque mois. Elles sont communiquées aux Trésors publics nationaux et aux autres acteurs du marché par l’intermédiaire des directions nationales de la Banque centrale et publiées sur le site web de la BEAC (www.beac.int). En outre, les données utilisées pour élaborer ces courbes sont également publiées sur le site de la BEAC en même temps que la courbe.

Défis liés à la mise en place d’une courbe de rendement efficace

  • Le caractère peu liquide et restreint du marché secondaire : les investisseurs achètent leurs titres et les conservent jusqu’à l’échéance.
  • L’étroitesse de la base des investisseurs : seules les banques interviennent sur le marché des obligations.
  • La coexistence de trois agences émettrices d’obligations et de bons : la Douala Stock Exchange (DSX) et la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) sont chargées de la syndication. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) est responsable des adjudications.

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

La BEAC organise l’adjudication des valeurs pour le compte des États. L’adjudication des titres se fait au prix vendeur. Les ordres sont les taux d’intérêt non distribués ou le prix offert par les soumissionnaires dans les limites du taux d’intérêt maximum ou du prix maximum décidé par le gouvernement.

Au terme de l’adjudication, les informations générales, y compris le montant des offres exprimées, les montants utilisés, le taux et la variation maximale du cours retenue sont diffusés dans la presse.

Les modes de création, de présentation et de comptabilité des offres sont déterminés par accord d’une part, entre la BEAC et les trésoreries nationales et, d’autre part, entre la BEAC et les opérateurs primaires. Les souscriptions aux titres publics sont fermes et irrévocables. Elles sont payées en un versement unique en débitant le compte des opérateurs primaires ouvert à la BEAC, et portées au crédit d’un compte de trésorerie spécial ouvert à cet effet.

Étant donné que le marché des titres d’emprunt n’est pas développé, le calendrier optimal a été adopté dans le cadre d’un programme régulier.

Les 6 trésoreries nationales émettent à tour de rôle à intervalles réguliers. Chaque trésorerie nationale émet des bons du Trésor chaque semaine le mercredi. En général, les montants ne sont pas élevés pour permettre à tous les États d’émettre en même temps, de sorte que chaque État totalise 52 émissions de bons du Trésor chaque année. Chaque trésorerie nationale est autorisée à émettre des obligations du Trésor mensuelles. Les ventes sont programmées pour chaque mercredi. 

Cependant, au regard de la nature de l’instrument et du volume des transactions attendu par rapport aux besoins d’investissements publics, les trésoreries ne sont pas en mesure d’émettre le jour fixé. 

Un calendrier de relais a été élaboré pour les ventes aux enchères prévues les mercredis :

  • Cameroun : 1er mercredi du mois
  • Afrique centrale – Congo : 2e mercredi du mois
  • Gabon : 3e mercredi du mois
  • Guinée équatoriale – Tchad : 4e mercredi du mois.

Ces émissions se dérouleront à intervalles réguliers et seront rendues publiques.

Le montant total des douze émissions sera publié dans la Loi des finances chaque année. Pour chaque exercice, ce montant sera communiqué au marché par le ministre des Finances au plus tard le 30 novembre de l’année précédente. Cette communication faite par le ministre en charge des finances peut prendre la forme d’une conférence, d’une séance d’information ou d’un communiqué de presse. Mais le montant de l’émission ne sera pas publié à cette occasion.

Toutefois, le montant à collecter pour chaque vente aux enchères est spécifié dans l’annonce de lancement de la vente, conformément au calendrier d’émission de la trésorerie nationale.

Sur le marché secondaire, les bons du Trésor se négocient de gré à gré à et les obligations du Trésor se négocient à la Bourse des valeurs mobilières de Douala (DSX) et à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).

Cycle de règlement

Le règlement des transactions se déroule à T+3.

Imposition

Le niveau d’imposition en application du Règlement N° 14/07 - UEAC-175-CM-15 portant institution d’un régime fiscal spécifique applicable aux opérations cotées à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) est ainsi libellé : «  Sont exonérés d’impôt sur le revenu des valeurs mobilières (IRVM) ou tout autre impôt ou prélèvement de même nature […] les intérêts des obligations des États, pour les résidents de la CEMAC ». Les souscripteurs résidant en dehors de la zone CEMAC doivent se conformer aux lois de l’impôt sur le revenu en vigueur dans leur pays de résidence. L’émetteur lèvera une retenue à la source sur les remboursements de prêt.

Notation

Agence de notation Note actuelle Perspectives
Moody's Pas de notation Pas de perspective
Fitch Pas de notation Pas de perspective
Standard and Poor's Pas de notation Pas de perspective

Opérateurs primaires

Les adjudications de titres publics sont exclusivement réservées aux opérateurs primaires. Chaque État membre de la zone CEMAC dispose de son propre réseau d’opérateurs primaires. Toutefois, un établissement de crédit qui satisfait aux conditions d’admissibilité ne peut être opérateur primaire que le pays dont il est originaire ou, à la demande, pour le compte de tous les États. Les ministres des Finances choisissent les opérateurs primaires parmi tous les organismes de crédit de la CEMAC qui répondent aux spécifications adoptées par le Comité des ministres, après consultation avec le Comité de politique monétaire.

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Les investisseurs étrangers peuvent accéder au marché des titres d’emprunt aux mêmes conditions que les nationaux de la zone. Il n’existe aucune loi discriminatoire à l’égard des participants étrangers au marché.

Contrôle des mouvements de capitaux

Il n’existe aucune restriction sur la propriété par les étrangers dans la zone CEMAC.

Restriction de change et rapatriement de bénéfices

Il n’existe aucune restriction sur l’obtention de devises.

La Banque centrale régionale, la BEAC, émet la monnaie CFA qui doit circuler parmi les membres de la CEMAC. Bien que le franc de l’Afrique centrale soit égal au Franc CFA de l’Afrique de l’Ouest, ces deux monnaies ne sont pas habituellement acceptées pour effectuer des règlements dans chacune des zones.

Les investisseurs étrangers ont le droit de rapatrier les recettes et bénéfices des ventes des instruments financiers. Il n’y a pas de restriction sur la conversion ou le transfert des fonds liés aux investissements, y compris les envois de fonds des capitaux d’investissement, les recettes, les remboursements de prêt et les loyers.

Documents et ressources

Documents - Other sources

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