Djibouti

Résumé pays

Performances macroéconomiques: La croissance économique de Djibouti est estimée à 5,6 % en 2018, contre 4,1 % en 2017, en raison de la normali- sation de la situation en Éthiopie et des investissements massifs dans le secteur des infrastructures. Du point de vue de l’offre, la croissance est tirée par le secteur ter- tiaire, notamment la construction, le transport, et l’entrepo- sage. Le déficit budgétaire devrait légèrement se creuser en 2018, pour se situer à –15,5 % du PIB (estimation) en 2018, contre –15,3 % en 2017. Cette détérioration est due à des importations massives de biens dans le cadre de projets d’infrastructure initiés depuis 2014 et financés par les emprunts extérieurs et les IDE. Le niveau d’inflation ne devrait augmenter que de 0,2 point, passant de 0,6 % en 2017 à 0,8 % (estimation de) en 2018. Cette maîtrise de l’inflation résulte en grande partie de l’ancrage du franc Djibouti (FDJ) au dollar américain par une partie fixe (1 USD=177,72 FDJ).
La dette extérieure estimée du pays a augmenté pour passer à 102,9 % du PIB en 2018 contre 49,9 % en 2014 et 97,4 % en 2016. L’analyse de la viabilité de la dette publiée en fin 2017 par la Bm et le FmI révèle les risques d’insol- vabilité élevés à court terme. Le déficit du compte cou- rant est estimé en 2018 à –17,8 % du PIB contre –17,5 % en 2017. Il résulte principalement du défi structurel de la balance commerciale : le pays exporte peu (essentielle- ment le bétail à destination des pays du golfe) tandis que les importations abondent, notamment en produits alimen- taires et pétroliers ainsi qu’en biens d’équipements. De ce fait, le solde du compte courant est moins dépendant de la variation du taux de change réel.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs: La croissance est projetée à 5,9 % et 5,2 % pour 2019 et 2020 respectivement. Cette perspective favorable repose sur une hypothèse de croissance soutenue des exporta- tions et de l’investissement privé qui serait favorisée par les réformes structurelles en cours de mise en œuvre par le pays. Ces réformes s’inscrivent dans la stratégie d’investis- sement du pays dans les infrastructures, qui vise à trans- former l’économie djiboutienne et à positionner le pays comme pôle logistique et commercial pour la sous-région. Dans cette dynamique, une zone franche internationale présentée comme la plus grande d’Afrique a été inaugurée en juillet 2018. De plus, en raison de sa position géostraté- gique sur la côte de l’océan indien, le pays se retrouve au centre des grands enjeux mondiaux à la fois commerciaux, économiques, développementaux et sécuritaires. Ceci explique son attractivité qu’illustre la présence de plusieurs bases militaires. La stabilité du pays depuis son accession à l’indépendance s’avère être un atout dans une région secouée par de nombreuses crises politiques. En outre, en tant que voisin de l’Éthiopie qui connaît une croissance économique forte depuis une décennie, Djibouti tire profit de ce dynamisme, car il est un point d’accès à la mer pour l’Éthiopie enclavée.
En dépit de ces perspectives et évolutions favorables, Djibouti est fragilisé par de nombreux facteurs. D’abord, le niveau élevé de la dette du pays est susceptible de réduire la capacité du gouvernement à financer la stratégie d’in- vestissement du pays dans les infrastructures. Ensuite, la récente réconciliation entre l’Éthiopie et l’Érythrée, ainsi que la possibilité pour l’Éthiopie d’utiliser les ports de l’Érythrée qui en découle, pourraient affecter l’économie djiboutienne à moyen terme. Enfin, le pays demeure confronté à divers défis : persistance d’un taux de chômage important (39 % en 2017), contexte géopolitique régional instable, marqué par des crises, économie peu diversifiée avec une faible résilience aux chocs exogènes, et écosystème fragile face aux risques liés au changement climatique se traduisant par une forte vulnérabilité environnementale.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

Revenu fixe

Le cadre de politique monétaire de la Banque centrale de Djibouti vise à maintenir l’arrimage du taux de change du franc djiboutien (FD) au dollar américain (USD) (177,721 FD pour 1 USD). Ce cadre facilite la maîtrise de l’inflation. Cependant, dans ces conditions, la Banque centrale ne peut plus mettre en œuvre des politiques budgétaires et monétaires indépendantes. 

Le gouvernement passe actuellement en revue les politiques budgétaires. En 2008, le FMI a accordé au pays une facilité élargie de crédit, dont l’objectif était de renforcer la gestion des finances publiques et de restructurer le secteur financier. La mise en œuvre de la facilité élargie de crédit a permis de ramener le déficit à 0,6 % en 2010. Ce résultat a été annulé par le fléchissement de l’activité économique de 5 % à 3,5 %. 

La dette extérieure constitue la principale composante de la dette publique djiboutienne. En 2013, la dette extérieure s'élevait à 124,3 milliards de DJF ou une légère augmentation de 5,5% par rapport à 2012. Le taux d'endettement atteignait 48,1%, bien au-dessus du seuil réglementaire de 46%.

Documents et ressources

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