Éthiopie

Résumé pays

Performances macroéconomiques

Le ralentissement de la croissance du PIB réel en 20172018, est dû en partie à l’agitation sociale, l’incertitude politique et les modifications de politiques, dont l’assainissement budgétaire nécessaire pour stabiliser la dette publique. Du côté de l’offre, la croissance résulte des services (8,8 %), de l’industrie (12,2 %) et est facilitée par le développement de l’énergie, des parcs industriels et des infrastructures de transport ; du côté de la demande, elle résulte de la consommation et de l’investissement privé, à l’instar de la stabilité des dépenses publiques dans les infrastructures et des importants flux d’investissements étrangers directs.

Avec un ratio de la dette publique au PIB de 61,8 % à la fin de juin 2018, le risque de surendettement de l’Éthiopie reste élevé, comme le conclut une analyse de la soutenabilité de la dette de 2018. Un programme d’évolution de la fiscalité est en cours pour renforcer la politique fiscale et l’efficacité administrative.

La réduction du déficit commercial et la forte croissance des envois de fonds diminuent le déficit de la balance courante, de 8,1 % du PIB en 2017 à 6,0 % en 2018. Les réserves officielles brutes demeurent faibles : à 2,5 mois d’importations en 2017 et 2,1 mois en 2018.

Perspectives

facteurs positifs et négatifs: La croissance du PIB réel s’améliorera, de 7,7 % en 2018 à 8,2 % en 2019 et 2020, grâce à l’expansion de l’industrie et des services et le redressement du secteur agricole. La poursuite du développement des zones industrielles stimulera la croissance industrielle et l’agriculture bénéficiera des investissements en matière d’engrais, d’irrigation et de semences améliorées. L’investissement public restera modéré pour stabiliser la dette publique. La privatisation prochaine des secteurs publics des transports ferroviaires maritimes et aériens, de la logistique, de l’électricité et des télécommunications stimulera les investissements privés et réduira les dépenses publiques.

Des possibilités économiques s’ouvrent grâce à l’augmentation des recettes, aux 94 millions d’habitants, au marché émergent des biens de consommation et à l’urbanisation croissante. La stratégie d’industrialisation basée sur l’exportation comprend le développement de zones industrielles et le recours à des facilitateurs pour l’énergie, le transport et la logistique commerciale. Une main-d’œuvre abondante, peu coûteuse et facile à former favorise l’exportation, notamment dans les secteurs du cuir, des textiles et de l’agro-industrie. La situation géographique stratégique facilite l’accès aux marchés lucratifs du moyen-Orient et de l’Europe. Les investissements dans les énergies renouvelables généreront d’ici 2020 jusqu’à 1 milliard USD en exportations. Les réformes politiques et les relations normalisées avec l’Érythrée stimuleront la prospérité et stabiliseront la région.

Les réformes politiques mises en œuvre ces deniers mois ont eu pour conséquences de stabiliser l’économie éthiopienne et de ramener le calme dans le pays. Ces réformes portaient principalement sur l’institutionnalisation de la démocratie, l’état de droit et l’expansion de l’espace politique. Cependant, ces réalisations ne sont pas exemptes de risques. On note des perturbations de l’activité économique dans certaines parties du pays, des déplacements de population en grand nombre ainsi que des accrochages, qui tous pourraient affecter les performances économiques nationales à court ou moyen termes.

malgré la réduction du taux d’extrême pauvreté de 46 % en 1995, à 23.5 % en 2016, l’Éthiopie compte plus de 25 millions de pauvres du fait de la dynamique démographique et du faible niveau initial du développement. La promotion d’une croissance inclusive par une transformation structurelle profonde est essentielle.

Soixante pour cent de la population avaient accès à l’électricité à la fin de 2017 tandis que 31 % de la population étaient connectés à l’électricité au cours de la même période. L’accès à l’approvisionnement en eau était de 65,7 % au niveau national à la fin de 2017. La densité des routes asphaltées est l’une des plus faibles d’Afrique subsaharienne. Les principales exportations sont le café, les oléo-protéagineux, et la fabrication à moins de 10 % du PIB. Le développement du secteur privé, limité financièrement, est confronté aux pénuries de devises étrangères et à un faible et coûteux cadre juridique. Enfin, les sécheresses fréquentes dues au changement climatique ont des conséquences financières et humanitaires majeures.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

Revenu fixe

L’objectif formulé de la politique monétaire de la Banque nationale d’Éthiopie (National Bank of Ethiopia – NBE) est d’assurer la stabilité des prix tout en soutenant le développement économique du pays. La stabilité du taux de change est suivie de près par la NBE : la NBE s’efforce de garantir la compétitivité internationale du pays. La NBE fixe également le taux minimum appliqué aux comptes d’épargne et aux dépôts à terme ; les institutions financières sont toutefois habilitées à fixer leur taux prêteur. 

La politique d’objectifs monétaires de la NBE est une politique d’agrégat monétaire. La masse monétaire est utilisée comme la cible intermédiaire et la croissance de la masse centrale comme la cible opérationnelle. La Banque centrale recourt à plusieurs mécanismes de politique monétaire pour atteindre ses objectifs : des opérations d’«open market », interbancaires (instruments de prise en pension de titres), réserves obligatoires et facilités de crédit permanentes. 

Historiquement, l’Éthiopie a toujours été un pays à faible inflation. Cependant, depuis 2006, le pays est soumis à une série de pressions inflationnistes : en 2011, le taux d’inflation a atteint 33 %. La Banque centrale a répondu à cette situation par un resserrement des politiques monétaires et budgétaires. En 2010-2011, le birr a été dévalué de 20 % dans le but de reconstituer les réserves internationales de la Banque centrale. Les mesures prises par les pouvoirs publics se sont traduites par une dépréciation de 25 % du birr et une baisse du taux d’inflation à des niveaux inférieurs à 8% en 2013-14. 

La dette publique de l’Éthiopie est marquée par la prédominance de l’aide extérieure et des emprunts à l’étranger. La principale source de la dette intérieure est constituée des avances directes. Durant la période 2011-2012, les avances directes ont représenté plus de la moitié du montant total de la dette intérieure. La part des obligations d’État était de 15,49 % tandis que celle des bons du Trésor était de 25,38 %. À la fin de la période 2011-2012, la dette publique totale représentait 33,6 % du PIB. 

La politique de l’Éthiopie en matière de dette publique s’inspire de la Stratégie d'endettement à moyen terme (SDMT), en vigueur jusqu’en 2017. Avant la SDMT, il n’y avait aucune stratégie de gestion de la dette, et la dette était administrée tacitement par le biais de l’Analyse de soutenabilité de la dette et du Plan de transformation de la croissance. La nouvelle SDMT traite de la dette domestique de l’Éthiopie. La mise en place d’un marché secondaire est même envisagée. 

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

Tous les investisseurs éligibles aux titres d’État doivent s’adresser directement à la Banque Centrale de l'Éthiopie, la NBE. Ils sont en outre tenus d’avoir un compte à la Caisse centrale des dépôts, qui est gérée directement la NBE

Imposition

Les intérêts et plus-values perçus sur les titres obligataires sont exonérés d’impôts. 

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Le gouvernement éthiopien est conscient de l’importance du rôle du secteur privé dans le développement économique du pays. C’est la raison pour laquelle il a promulgué un certain nombre de lois visant à accroître les investissements directs étrangers. La Proclamation de 2012 relative aux investissements (Investment Proclamation) et les nombreuses révisions auxquelles le Code d’investissement a été soumis sont autant d’éléments de ces dispositions législatives (Guide d’investissement de 2013, Éthiopie). La loi de 2012 permet à tout investisseur étranger de posséder une propriété en Éthiopie. 

Contrôle des mouvements de capitaux

La NBE exerce un contrôle strict sur les mouvements de devises. À cause de la pénurie de devises, un marché noir de devises a vu le jour. 

Les non-résidents sont autorisés à ouvrir des comptes bancaires convertibles. Les résidents ne peuvent détenir des devises que pendant une période de 45 jours, après quoi ils sont tenus de les échanger à la banque. 

Restrictions de change et rapatriement de bénéfices

Les investisseurs étrangers peuvent transférer librement les bénéfices, les dividendes, le montant en principal et les intérêts sur prêts à l’étranger, les frais sur les transferts de technologie et les produits de la liquidation d’entreprise sans restrictions notables. Toutefois, le niveau des réserves de change est relativement faible, au point que les investisseurs étrangers éprouvent du mal à se procurer des devises. 

Notation

En mai 2014, les 3 grandes agences de notation, Moody's, S&P et Fitch ont noté l'Éthiopie, en préparation à la 1ere émission internationale du pays. Moody's a attribué la note de B1 tandis que S&P et Fitch celle de B.

Liste des opérateurs primaires 

Il n’existe pas de négociants principaux en Éthiopie. 

Documents et ressources

Documents - Ministère des Finances

Documents - Banques Centrales

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