Kenya

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives

La croissance du PIB réel est estimée à 5,9 % en 2019, portée par la consommation des ménages et l’investissement du côté de la demande, et par les services du côté de l’offre (tels que l’administration publique, les technologies de l’information, la finance et les assurances, le transport et le stockage). Le PIB était en baisse par rapport aux 6,5 % de 2018, principalement à cause de conditions météorologiques défavorables et d’une baisse des investissements du gouvernement.

À 5,2 %, l’inflation reste dans la zone de 5±2,5 % fixée par la banque centrale. Le taux de change est resté stable en raison de la réduction du déficit de la balance courante, qui est passé de 5,0% du PIB en 2018 à 4,9% en 2019 grâce à une augmentation des transferts. Les réserves de change sont passées de 9 milliards de dollars en 2018 à 9,4 milliards de dollars à la fin août 2019, soit l’équivalent de six mois d’im- portations, plus que les 4,5 mois du critère de convergence de la Communauté d’Afrique de l’est.

Le déficit fiscal est estimé à 7,5 % du PIB en 2019, en baisse par rapport aux 8,8 % de 2017, et ceci grâce à la consolidation fiscale en cours et une plus grande mobilisa- tion des ressources nationales. La dette publique est passée de41%duPIBen2013à58%en2019etelleestdevenue davantage non concessionnelle (67 %) que concessionnelle (33 %). Une plus grande part en est détenue à l’extérieur du pays (16 % du PIB) qu’à l’intérieur (9 % du PIB), mais la part intérieure est en augmentation. La dette fait peser un risque sur le refinancement, l’escalade des coûts et le marché des changes. en raison de difficultés de liquidité anticipées, le FMI a fait passer la côte de la dette du Kenya de basse à modérée en 2018.

La croissance économique du Kenya n’a pas été assez inclusive : le taux de pauvreté est passé de 46 % en 2005– 2006 à 36 % en 2015–2016. Le taux de chômage a baissé légèrement de 9,5 % en 2014 à 9,3 % en 2018. Le quintile de revenu le plus bas ne reçoit que 4 % du revenu.

Facteurs favorables et défavorables

La croissance du PIB réel devrait être de 6 % en 2020 et de 6,2 % en 2021. La stabilité macroéconomique devrait se maintenir. en 2020 et 2021, l’inflation devrait rester dans les limites fixées (autour de 5 %) et le déficit fiscal devrait dimi- nuer. Les perspectives positives reflètent principalement des conditions météorologiques favorables, une augmentation de la production et des exportations de pétrole brut, des inves- tissements directs étrangers réguliers, les bénéfices de l’Ac- cord de libre-échange continental africain, et l’engagement du gouvernement envers le « Big Four Agenda », son programme de développement des secteurs de la santé, du logement, de l’agriculture et de l’industrie.

L’Agenda prévoit d’améliorer la sécurité alimentaire et de transformer l’agriculture de subsistance et pluviale en une agriculture commerciale, en utilisant des zones économiques spéciales afin d’offrir une base à l’industrie pour augmenter les exportations et stimuler la substitution des importations. Le changement structurel envisagé dépend d’une transi- tion rapide vers une croissance menée par le secteur privé, et non par le secteur public. Les réformes visant à créer un contexte favorable aux investissements nationaux et étrangers devraient s’étendre au marché du crédit, principalement pour en faciliter l’accès aux petites et moyennes entreprises.

La transformation économique du Kenya se heurte à des difficultés dans les domaines de l’industrie, de l’agriculture, du marché du travail et de la stabilité macroéconomique. La part de l’industrie dans le PIB est restée à 9 % pendant plus de dix ans et la valeur ajoutée de l’industrie ne représente que 5 % du PIB. L’agriculture représentait 52 % du PIB, 56 % des emplois et 65 % des gains sur le marché des changes en 2018. La sécheresse de 2018–2019 a freiné la croissance économique et porté atteinte à la sécurité alimentaire.

Le travail informel et le chômage restent élevés. Les quatre cinquièmes des travailleurs sont dans l’économie informelle et 9,3 % de la population active est au chômage. L’investisse- ment a été faible dans les secteurs les plus porteurs d’emploi. Étant donné la forte population de jeunes, la main d’œuvre est abondante, mais les compétences et l’activité entrepre- neuriale sont limitées.

État de préparation du secteur de la santé

Le Kenya a créé un comité national d’intervention d’urgence pour gérer la pandémie. L’indice mondial de sécurité sani- taire de 2019, qui mesure l’état de préparation des pays face aux maladies infectieuses, a classé le Kenya au 55e rang mondial et au 2e rang en Afrique, après l’Afrique du Sud. Le Kenya a obtenu un score inférieur à la moyenne pour trois des six indicateurs (réaction rapide, systèmes de santé et environnement à risque) ce qui suggère la nécessité de donner la priorité à ces domaines dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Réponse du gouvernement

Le gouvernement a introduit des mesures (notamment le programme de relance économique) pour atténuer l’impact sanitaire, social et économique de la pandémie et stimuler la croissance. Sur le plan de la politique budgétaire, le gouver- nement réoriente les ressources vers le secteur de la santé afin d’embaucher des travailleurs de la santé supplémen- taires, d’augmenter la capacité en lits des hôpitaux publics et de renforcer la capacité de recherche des établissements médicaux. Il améliore la trésorerie des entreprises en réglant les remboursements de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en souffrance et les factures en suspens, en réduisant l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le chiffre d’affaires, en offrant des prêts bonifiés au secteur du tourisme et en injectant des capitaux d’amorçage pour les systèmes de garantie de crédit des PME. Il protège le revenu disponible des ménages en réorganisant le programme de filet de sécurité sociale existant et en introduisant des réductions de l’impôt sur le revenu et des taux de TVA. Dans le cadre du programme de relance économique en huit points, il investit dans les travaux publics, l’agriculture, l’industrie et les services. La relance budgétaire devrait coûter au gouvernement 173 milliards de KES (1,63 milliard USD).

Sur le plan de la politique monétaire et financière, la réponse d’urgence a consisté en une réduction du taux directeur de 8,25 % à 7 % et en une diminution du ratio des réserves de liquidités de 5,25 % à 4,25 % afin de libérer 35,2 milliards de KES pour faire face aux conditions difficiles du marché du crédit pour les entreprises touchées.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Résumé

Le marché de la dette intérieure du Kenya est en pleine expansion et son approfondissement demeure une priorité pour le gouvernement. Le recours accru à la dette intérieure contribue à atténuer l’exposition du gouvernement au risque de change. L’émission d’instruments à long terme réduit le risque de refinancement de la dette intérieure et génère de la liquidité sur le marché des titres d’État, ce qui permet de disposer de références cohérentes concernant les prix d’autres actifs à risque dans l’économie kenyane.

La base des investisseurs sur le marché de la dette intérieure est diversifiée, mais les banques commerciales sont les principaux acteurs. Grâce aux réformes du marché, le gouvernement s’est engagé à lancer divers produits assortis de nouvelles échéances qui tiennent compte des préférences des investisseurs aux deux extrémités du marché.

  • Le Trésor national a introduit un produit de détail dénommé M-Akiba. Cette initiative vise à faciliter l’investissement dans les bons du Trésor via des plateformes de téléphonie mobile.
  • Le gouvernement a également entrepris de segmenter le marché des valeurs mobilières en deux catégories, notamment le marché de détail et le marché de gros pour constituer une base solide pour le courtage primaire et faciliter la fixation des prix des instruments financiers, tout en améliorant l’efficacité.
  • Le marché secondaire continue de se développer au Kenya. Les échanges d’obligations d’État ont considérablement augmenté depuis le début de l’année fiscale. La plupart des activités ont été axées sur les titres à moyen et long termes, assortis pour la plupart d’une échéance de 5 à 10 ans. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 366 923 millions de shillings kenyans pour l’année fiscale 2017, contre 311 660 millions de shillings kenyans pour l’année fiscale 2016 [Source : document MTDS 2018].
  • Selon l’Évaluation de la politique et des institutions nationales (CPIA) de la Banque mondiale, le Kenya est considéré comme un pays très performant en matière de politiques. [Source : document MTDS 2018]
  • Le Kenya occupe la 7place du classement ABMDI de 2017.

Stratégie d’émission 

La stratégie de gestion de la dette à moyen terme (MTDS) pour 2018 tient compte de l’environnement macroéconomique actuel, sur la scène nationale et internationale, et des vulnérabilités qui en découlent. La stratégie recommandée doit permettre de maximiser la dette concessionnelle déjà contractée, de contracter une dette extérieure plutôt semi concessionnelle et d’émettre une dette intérieure à moyen et long termes. Conformément à la stratégie MTDS, la dette extérieure est composée à 57 % de l’emprunt brut et à 43 % de l’emprunt intérieur. En ce qui concerne la dette extérieure, il est proposé de contracter une dette concessionnelle à 23 %, une dette semi-concessionnelle à 12 % et une dette commerciale à 22 %. Les obligations du trésor seront la principale source de financement intérieur net, tandis que les bons du Trésor seront principalement un instrument de gestion de la trésorerie de l’État. 

Bien que la base des investisseurs sur le marché de la dette intérieure soit diversifiée, les banques commerciales sont les principaux acteurs. Grâce aux réformes du marché, le gouvernement s’est engagé à lancer divers produits assortis de nouvelles échéances qui tiennent compte des préférences des investisseurs aux deux extrémités du marché.

Émissions de référence 

Dès 2007, le gouvernement du Kenya a commencé à définir une bonne répartition des échéances. Il a instauré des points de référence pour les émissions d’un montant élevé. Il existe cinq échéances de référence pour les titres d’État en monnaie locale (KES) : 2-5-10-15 et 20 ans. 

Courbe de rendement 

La courbe de rendement des titres d’État a été étendue à 30 ans avec cinq points de référence (2-5-10-15 et 20 ans). 

Modèles de calcul de la courbe de rendement 

La création d’une courbe de rendement de référence est une condition préalable à l’émission, car elle fournit une référence de prix pour différents produits offerts sur les marchés financiers. Cette courbe s’appuie sur les émissions d’obligations de référence vendues par adjudication, de manière continue par des réouvertures de titres. 

La courbe de rendement est générée à partir des rendements réels négociés des obligations de référence (à l’exclusion des transactions portant sur les obligations d’infrastructure, des opérations de vente/rachat et des obligations de référence inférieures à 500 000 USD ou 50 millions de shillings kenyans par transaction). Toutefois, pour les échéances qui n’ont pas fait l’objet de véritables négociations, on utilise les rendements indicatifs obtenus auprès des négociateurs sur le marché obligataire. Les estimations de la courbe de rendement correspondent à une tendance simple ajustée de manière logarithmique. La méthode de calcul utilisée pour la courbe de référence du Kenya est la méthode Nelson-Siegel. 

Méthodes d’interpolation 

Si le rendement à un certain point de la courbe n’a pas été négocié, une interpolation linéaire est utilisée pour générer un rendement approprié. 

Gestion de la courbe de rendement 

La courbe de rendement du Kenya est générée par la Bourse des valeurs mobilières de Nairobi sur une base hebdomadaire. Toutefois, d’autres acteurs du marché génèrent également leurs propres courbes de rendement.

Affichage de la plateforme 

La courbe de rendement peut également être consultée sur le site de la Bourse des valeurs mobilières de Nairobi et sur la plateforme Bloomberg.

Défis liés à l’élaboration d’une courbe de rendement efficace 

  • Fragmentation du marché : la mise en œuvre du programme d’obligations de référence est à un stade avancé et devrait aboutir à la réduction du nombre de petites obligations non liquides en circulation. 
  • Étroitesse de la base des investisseurs : des réformes sont nécessaires pour diversifier la base des investisseurs. 
  • Manque de transparence dans la fixation des prix : des réformes sont nécessaires pour améliorer la méthode de fixation des prix et promouvoir un système de cotation ferme à double sens.

Guide d’achat des obligations

Procédures relatives à la participation au marché

Pour participer au marché primaire, les investisseurs doivent d’abord ouvrir un compte CDS auprès de la Banque centrale du Kenya (CBK). Les investisseurs doivent ensuite soumettre un formulaire de demande à la Banque centrale ou à l’une de ses succursales. Les formulaires pour les bons du Trésor et les obligations du trésor sont disponibles sur le site web de la Banque centrale.

Les investisseurs peuvent présenter leur demande dans le cadre d’offres concurrentielles ou non concurrentielles (moyennes). Le montant minimum requis pour investir dans une obligation du trésor est de 50 000 schillings kenyans et de 100 000 schillings kenyans dans un billet de trésorerie. Il n’existe pas de plafond pour les investissements dans le cadre d’une offre concurrentielle, mais pour les offres non concurrentielles, le montant maximum est fixé à 20 millions de schillings kenyans par compte CDS.

De plus amples informations concernant le processus d’investissement dans les bons du Trésor sont disponibles ici et pour les obligations du trésor, cliquez ici

Cycle de règlement

Le règlement s’échelonne de T+3 à T+0.

Imposition

Les obligations dont l’échéance varie entre 2 et 9 ans sont soumises à une retenue à la source de 15 %. Les obligations dont l’échéance est supérieure ou égale à 10 ans sont soumises à un prélèvement à la source de 10 %. Il n’y a pas d’impôt sur les plus-values.

Le Kenya a signé des accords de double imposition avec la Zambie, la Norvège, le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Canada et l’Inde. 

Restrictions de marché

Ouverture aux investisseurs internationaux 

La Kenya Investment Authority, KenInvest, est l’autorité chargée de promouvoir les investissements locaux et étrangers dans le pays. La participation étrangère aux marchés des capitaux est encadrée par le règlement de 2002 sur les marchés des capitaux (investisseurs étrangers). Ce règlement ne concerne actuellement que les prises de participation.

Le Kenya s’efforce d’harmoniser les régimes fiscaux régionaux avec l’Ouganda et la Tanzanie. La Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) envisage également de supprimer les obstacles et de créer une bourse commune.

Contrôles des capitaux 

La loi sur le contrôle des changes a été abolie en 1995, ce qui a permis le libre transfert des capitaux, des bénéfices et des revenus après impôt. Les investisseurs peuvent librement rapatrier la totalité de leurs bénéfices, après avoir rempli leurs obligations fiscales vis-à-vis de la Kenyan Revenue Authority (KRA), l’autorité fiscale kenyane.

Rapatriement des bénéfices

Le rapatriement des devises ou des bénéfices ne fait l’objet d’aucune restriction. Un certificat d’entreprise agréée permet aux investisseurs étrangers de rapatrier les investissements initiaux en capital et de transférer les dividendes éventuels.

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