Somalie

Résumé pays

Performances macroéconomiques: La croissance du PIB réel était estimée à 2,9 % en 2018. Les contributeurs à l’offre étaient principalement l’agri- culture, l’élevage, les services financiers et les télécom- munications. La consommation publique et privée a lar- gement contribué à la demande, représentant environ 83 % du PIB. Le déficit de la balance courante a pesé sur la croissance, car il a atteint 7,2 % en 2018, sous l’effet de la hausse des importations de biens de consommation et d’équipement, en particulier de denrées alimentaires, due aux sécheresses persistantes, à la hausse des prix du pétrole, et l’interdiction par l’Arabie saoudite d’importer du bétail somalien à la suite de l’épidémie de fièvre de la vallée du rift.
Le budget est resté équilibré en 2018 grâce à une meilleure collecte des recettes nationales et à une ges- tion efficace des dépenses publiques. La Somalie est en surendettement, avec une dette à 65 % du PIB en 2017. La politique monétaire a stagné et les interventions sur les marchés des changes sont interrompues. L’inflation s’est limitée à quelque 5,1 % en 2018, en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires consécutive à des conditions météorologiques défavorables.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs: La croissance du PIB réel devrait atteindre 3,5 % en 2019 et 2020. Le règlement de la situation de la dette d’ici 2019- 2020, subordonné aux résultats du Programme de surveil- lance des équipes du FmI, pourrait également permettre de rétablir la confiance des investisseurs.
Les risques de détérioration incluent un ralentissement de la croissance agricole causé par les inondations de mai 2018, l’insécurité persistante et les chocs climatiques dus à l’agriculture pluviale et au commerce de bétail.
Les principaux défis sont les suivants : contraintes liées aux infrastructures, faiblesse des institutions et capa- cités de l’État, et des systèmes de gestion des finances publiques, insécurité persistante, résilience limitée aux extrêmes environnementaux et importants arriérés envers les institutions financières internationales. La Somalie ne dispose pas d’infrastructures nécessaires à la fourniture des services de base : sécurité, santé, eau, éducation, énergie et transports. En effet, beaucoup ont été endom- magées et détruites par les conflits. La guerre civile a également dévasté les institutions et la capacité de gou- vernance. Le système de gestion des finances publiques est toujours confronté à des problèmes de transparence, de capacité et de légitimité, ce qui a retardé l’amorce et la mise en œuvre des projets. La Somalie reste fragile en raison de l’absence de mécanismes répressifs efficaces, d’un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et des incursions des insurgés du groupe Al-Shabaab et de ISIS, entre autres. Les inondations et les sécheresses ont anéanti beaucoup de progrès sociaux et développe- mentaux. De plus, les faibles capacités institutionnelles et humaines du pays empêchent un allégement rapide de la dette par les institutions financières internationales.
Les principales opportunités incluent les forces sui- vantes : secteur privé dynamique, diaspora disposée à investir, intégration régionale, substitution des importa- tions et promotion des exportations, industries agricole, agroalimentaire et halieutique naissantes, et jeunesse de la population.
La Somalie dispose d’entrepreneurs qui ont pu s’épa- nouir dans cet État déchiré par les conflits, et sa diaspora reste déterminée à investir dans la reconstruction écono- mique et sociale. Elle pourrait également devenir un pôle économique régional grâce à son emplacement géogra- phique stratégique et à son littoral, le plus long d’Afrique. L’immense déficit commercial du pays offre aux Somaliens l’occasion de produire pour les marchés nationaux et inter- nationaux et de réduire leur dépendance à l’égard des importations. Le pays est également doté d’un énorme potentiel de production et de transformation de produits issus de l’agriculture et de l’aquaculture. Plus de 70 % de la population ont moins de 30 ans, et s’ils sont bien gérés, et se traduiront en un dividende démographique.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

Revenu fixe

Malgré le rétablissement des fonctions de la Banque Centrale de Somalie en avril 2011, l’institution n’a pas repris ses activités d’élaboration de politiques monétaires. Elle attend, pour ce faire, la mise sur pied du Conseil d’administration et des différents comités. 

Jusqu’en 2012, le gouvernement s’était hasardé à élaborer des politiques budgétaires imprudentes : les déficits budgétaires considérables étaient financés par l’émission de monnaie, tandis que l’inflation atteignait des sommets vertigineux. Entre 1993 et 1995, l’inflation affichait une moyenne de 331,2 % et, en 2010, elle était estimée à 300 %. Ces antécédents de forts taux d’inflation et l’instabilité du shilling somalien comptent parmi les nombreux défis que la Banque centrale de Somalie doit relever. 

Documents et ressources

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