Soudan

Résumé pays

Performances macroéconomiques: La croissance du PIB réel était estimée à 4,1 % en 2018, en légère hausse par rapport aux 3,3 % enregistrés en 2017. Concernant l’offre, les industries extractives (croissance de 6,3 %), l’agriculture (3,7 %) et l’industrie manufacturière (1,5 %) ont été les principaux moteurs de la croissance. Concernant la demande, la consommation privée a été le principal facteur de croissance, entravée cependant par le déficit de la balance courante, estimé à 2,4 % du PIB en 2018. L’inflation élevée et la suppression progressive des subventions à l’énergie ont également freiné la croissance. Bien que le chômage ait atteint 18 % en raison d’une dépréciation rapide du taux de change et d’une inflation persistante, la pauvreté et les inégalités ont diminué entre 2010 et 2015. toutefois, le manque de données dispo- nibles ne permet pas d’analyser la façon dont les déclins ont affecté la transformation structurelle.
Le Soudan est surendetté, avec une dette extérieure estimée à 62 % du PIB en 2018. La levée des sanctions américaines devrait normaliser les relations avec les créan- ciers et accélérer, dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette des pays pauvres très endettés, les négocia- tions sur un allégement de la dette. L’inflation a grimpé à 43 % en août 2018 contre 38,8 % en août 2017, sous l’ef- fet d’une forte dévaluation de la livre soudanaise et de la monétisation du déficit budgétaire. La pénurie de devises et un taux de change officiel surévalué ont provoqué une situation d’urgence et la création d’un marché parallèle de devises.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs: La croissance du PIB réel devrait s’établir à 3,6 % en 2019 et 3,8 % en 2020 ; celui-ci bénéficie de deux facteurs, à savoir un engagement ferme en faveur de la politique macroéconomique en cours et des réformes structu- relles. Parmi celles-ci, relevons la suppression des exo- nérations fiscales, la réduction des dépenses publiques, la rationalisation des importations, mais aussi la mise en place de mesures incitatives pour doper les exporta- tions, stimuler la reprise de l’industrie manufacturière et augmenter la consommation privée. Il sera également capital de résoudre le problème de la dette pour concré- tiser les perspectives économiques. L’accord de paix signé en septembre 2018 pour mettre fin à la guerre civile au Soudan du Sud a encouragé les gouvernements du Soudan et du Soudan du Sud à ouvrir quatre points de passage frontaliers pour faciliter les flux humanitaires et commerciaux et doubler la production de pétrole. Parmi les risques, notons la persistance des conflits civils et l’in- sécurité dans les États du Nil Bleu, du Darfour et du Kor- dofan du Sud.
Parmi les principaux défis figurent les faibles capaci- tés institutionnelles et humaines, le taux de chômage élevé des jeunes, le fardeau de la dette extérieure et le change- ment climatique. Le Soudan reste typiquement un État en transition confronté aux carences de ses capacités insti- tutionnelles et humaines. Chaque année, plus de 130 000 jeunes entrent sur le marché du travail avec seulement 30 000 postes vacants, ce qui constitue un défi considé- rable pour le pays. L’encours de la dette extérieure, qui est passée de 18 milliards USD en 1995 à 53,6 milliards USD en 2016, pour remonter à 56 milliards USD en 2018, est insoutenable et limite donc les perspectives de reprise économique du pays. De plus, le Soudan connaît une dégradation environnementale grave et prolongée due à la faiblesse des précipitations et à la surexploitation des arbres, des sols et des pâturages.
De nombreuses opportunités existent, comme l’énorme potentiel agricole inexploité, l’optimisation des politiques nationales, et le potentiel du secteur privé. Environ 63 % de la superficie terrestre du Soudan sont constitués de terres agricoles qui conviennent à une grande variété de cultures et d’élevage. Le Soudan offre également d’énormes possi- bilités d’investissement privé dans les domaines suivants : l’agriculture irriguée à grande échelle, la production lai- tière et l’élevage, les entreprises forestières productrices de gomme arabique et la chaîne d’approvisionnement en cuir destiné aux exportations régionales et mondiales ; le revenu national et en devises étrangères pourrait ainsi augmenter en encourageant les exportations de produits manufacturés et semi-manufacturés.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

Revenu fixe

Depuis l’indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, La Banque centrale du Soudan (CBoS) a dû réviser ses politiques monétaires. Les nouvelles stratégies ont été formulées conformément au Programme pour la stabilité économique du gouvernement du Soudan. 

La CBoS a adopté un plan stratégique quinquennal pour la période 2007-2011. Pour l’année 2010, les politiques monétaire et fiscale ont été élaborées de sorte à atteindre une croissance de 6 % du PIB, et un taux d’inflation inférieur à 9 %.  

La Banque centrale utilise la croissance de la masse monétaire comme objectif opérationnel. La gestion des taux d’intérêt relève des principes de la finance islamique. Les autres instruments politiques que la Banque centrale utilise sont les coefficients de trésorerie (13 % pour tous les dépôts) et les ratios de liquidité minimum (établis pour les banques à 10 %). Les actifs liquides que les banques commerciales sont autorisées à détenir sont les certificats Ijarah  (Shihab) de la Banque centrale, les certificats du Trésor Musharaka  (Shahama), et les Sukuk gouvernementaux et non gouvernementaux. Les sukuk sont utilisés à des fins de gestion de la liquidité. 

Le pays a souffert de taux d’inflation récurrents (20 % en 2010 et 36 % en 2011). Le déficit budgétaire n’était que de 4,4 % du PIB. Au mois de mai 2003, la Banque Centrale a adopté un régime de change flottant administré. En 2007, le dinar soudanais a remplacé la livre soudanaise aux taux de 1 pound soudanais = 10 dinars soudanais.  

La dette extérieure du pays était évaluée à 39,7 milliards de dollars EU (Soudan du Sud et du Nord combinés) ; de ce montant, 84 % consistaient en arriérés de dette. En 2010, la dette publique nationale était estimée à 7,8 % et reflétait une augmentation du besoin de financement des administrations publiques. Le niveau d’endettement du Soudan du Sud est insoutenable à l’heure actuelle, à moins que le pays ne bénéfice d’un allègement de la dette de la part de ses créanciers. 

Concernant la politique de change, la CBoS s’efforce de maintenir la stabilité de son taux de change. Après l’accession du Soudan du Sud à l’indépendance, en 2010, la CBoS a dû refondre sa politique afin de l’harmoniser avec le Programme pour la stabilité économique. C’est ainsi qu’elle a décidé de libéraliser le segment des devises du secteur bancaire dans son ensemble. Le nouveau cadre stratégique prévoit des dispositions sur la négociation de l’or et des améliorations dans le segment des investissements étrangers directs (IED). 

Guide d’achat des obligations

Fiscalité

Les gains en capital sont imposés au taux normal de l’impôt sur le revenu. 

Cycle de règlement 

Le cycle de règlement est à 8 jours, exception faite des certificats du Trésor Musharaka  (à 1 jour). 

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Le gouvernement encourage les investissements étrangers. Il n’existe aucune distinction légale entre les entreprises étrangères et nationales. Officiellement, les investissements étrangers et nationaux sont traités de façon égale au regard de la loi. Les investissements étrangers sont limités dans certains secteurs de l’économie et nécessitent l’approbation du gouvernement. 

Les lois en matière d’investissements ne sont pas transparentes, on note des lourdeurs bureaucratiques et un certain niveau de corruption. L’instabilité politique et le manque d’infrastructures dissuadent les investisseurs. Tous les résidents sont autorisés à détenir des comptes en devises. Les non-résidents doivent obtenir l’approbation du gouvernement pour ouvrir un compte en devises. Toutes les transactions sur les titres du marché financier, les instruments du marché monétaire, les opérations de crédit et les investissements directs de l’étranger, sont assujettis à quelques restrictions et contrôles. 

L’achat de titres d’État est ouvert aux investisseurs étrangers. 

Contrôle des mouvements de capitaux

En mai 2003, la CBoS a adopté un régime de change flottant administré. En 2007, la valeur de la monnaie a été modifiée, une nouvelle livre soudanaise équivaut désormais à 100 dinars soudanais anciens. 

Restrictions sur les devises et rapatriement des bénéfices

Les bénéfices peuvent être transférés vers l’étranger, sur présentation de la documentation appropriée. Les transferts de fonds doivent être approuvés par le gouvernement. En dépit de son cadre d’investissement supposément libéral, le Soudan est un pays où il est difficile de faire des affaires en raison du niveau élevé de corruption, des dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, du manque de transparence du processus de réglementation, du manque d’infrastructures, des lourdeurs bureaucratiques, de l’exécution déficiente des contrats, du faible niveau d’électrification et des troubles civils dans de nombreuses parties du pays. 

Documents et ressources

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