Tanzanie

La vue d'ensemble

Policy Watch

Debt vs GDP / Bonds vs bills

All Data - Tanzanie

Year 2011 2012 2013 2014 2015 2016
GDP (billions US$) - - - - - -
Total Outstanding Amount (Billion US$) - - - - - -
Bonds - - - - - -
Bills - - - - - -
Outstanding Amount/GDP (%) - - - - - -

Actualités

Résumé pays

Les performances économiques sont restées solides et stables au cours de la dernière décennie. La croissance était de 7 % en 2014 et d’après les estimations préliminaires, elle se serait maintenue au même rythme en 2015, principalement sous l’impulsion des secteurs des services, de l’industrie, de la construction, de l’information et de la communication, qui affichent tous une croissance à deux chiffres. À moyen terme, la croissance devrait dépasser les records de 2014 et 2015, pour atteindre 7.2 %. Cette amélioration devrait provenir essentiellement d’une augmentation des activités industrielles et des investissements d’infrastructure, et les autres secteurs devraient avoir une performance comparable à celle des années récentes. Le taux d’inflation, de 6.1 % en 2014, devrait poursuivre son infléchissement à 5.6 % en 2015, grâce aux conditions météorologiques favorables qui ont permis une production agricole soutenue, ainsi qu’à une gestion prudente de la politique budgétaire et monétaire. La dette publique globale est soutenable, à 30.2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2014/15.

Sur le plan du développement social et humain, l’indice de développement humain de la Tanzanie a progressé de 0.371 à 0.521 entre 1985 et 2014. Entre 1980 et 2014, on a vu augmenter l’espérance de vie à la naissance (+ 14.5 ans) et le nombre d’années de scolarisation prévues (+ 3.3 ans) tandis qu’entre 2005 et 2012/13, la mortalité infantile reculait, de 68 à 41 décès pour 1 000 naissances vivantes. Cependant, la lutte contre la pauvreté progresse trop lentement; en effet, en raison de la structure de l’économie tanzanienne, la forte croissance de l’activité économique ne s’est pas accompagnée d’une réduction proportionnelle de la pauvreté. Alors que le taux de croissance moyen a été de l’ordre de 7 %, le secteur agricole, qui emploie près de 70 % de la population active, a connu une croissance inférieure à 4 %. La dernière enquête sur le budget des ménages (2011/12) révèle que 28.2 % des Tanzaniens vivent dans la pauvreté, dont l’incidence est plus élevée dans les zones rurales.

Les élections générales d’octobre 2015 ont été remportées par John Magufuli, élu président de la République-Unie de Tanzanie, pour un mandat de 5 ans. Ce dernier a dévoilé un plan de travail quinquennal complet et détaillé visant à résoudre les problèmes relatifs à la propriété foncière, à l’eau, aux services de santé, à l’éducation, à l’agriculture, à l’approvisionnement en électricité et à l’administration de la justice. Le plan met également l’accent sur l’efficacité et l’efficience des pouvoirs publics, l’augmentation des recettes publiques et la lutte contre la corruption. Il est indispensable que les politiques et programmes définis par le président soient appliqués à la lettre pour apporter à moyen terme une réponse à la pauvreté qui sévit en Tanzanie.

L’urbanisation représente désormais un défi de développement majeur pour le pays. À Dar esSalaam comme dans d’autres grandes villes du pays, le taux de chômage est plus élevé que dans les régions rurales ; les infrastructures de base (routes, électricité, eau, transports par autobus, etc.) sont devenues très insuffisantes pour répondre à la demande des usagers et les installations récréatives, les réseaux d’égouts, les canaux de drainage et la protection de l’environnement sont également inadéquats. Bien que ce ne soit pas les terrains qui manquent, il n’y a pratiquement pas de zones planifiées à des fins résidentielles. Compte tenu du piètre réseau routier et de l’absence de systèmes de transport en commun intra-urbain sur rail, se déplacer à l’intérieur des villes est un véritable défi pour les travailleurs. Une politique intégrée et coordonnée d’aménagement et de développement urbains est en cours d’élaboration et si le nouveau gouvernement parvient à la finaliser et à la mettre en œuvre, il aura à son actif un succès important.

Source : Perspectives économiques en Afrique 2016

Politique monétaire et gestion de la dette publique

Les priorités de la Banque Centrale de la Tanzanie (BoT) sont le maintien d’un niveau suffisant de liquidité et la stabilité des prix. La BoT a adopté un cadre de contrôle pour sa politique monétaire. Au début de chaque exercice, elle établit des cibles monétaires qui sont en accord avec les objectifs économiques globaux du gouvernement. Ces objectifs, définis dans le Plan de développement quinquennal, et revus en février 2015 sont les suivants : 

  • un taux de croissance annuel de la base monétaire de plus de 15%
  • un taux de croissance annuel de la masse monétaire au sens large de 15,8%
  • un taux de croissance du crédit au secteur privé de 19,5%, correspondant à la croissance de la masse monétaire. 
  • une couverture des réserves officielles de change équivalente à 4 mois d'importations.

Le Comité de politique monétaire (MPC) se réunit tous les six mois pour revoir la politique monétaire. Les niveaux de liquidité sont gérés par la BoT, qui utilise les titres de créances de l’État (opérations d’«open market ») et les devises à cette fin. D’autres contrôles de la liquidité sont assurés par le biais de différents mécanismes de fixation des prix (le crédit lombard et le guichet de l’escompte) et des prêts intra-journaliers. 

Le gouvernement de la Tanzanie tire sa capacité d’emprunt de la Loi sur la Banque de Tanzanie de 1995. Deux documents articulent la politique de la gestion de la dette de la Tanzanie : la National Debt Strategy de 2002 et la loi Government Loans, Guarantees and Grants Act N°.30 de 1974. Pour la période semi-annuelle se terminant en septembre 2014, le stock de la dette totale a atteint 7,481.7 milliards. La dette domestique détenue par les banques commerciales était de 58.8% et celle détenue par la Banque Centrale a diminué de 19.5%.

Le début de l'année 2015 a été marqué par une liquidité excessive et une volatilité du taux de change par rapport au dollar américain. Par conséquent, la Banque Centrale a décidé de ré-instaurer le seuil des réserves obligataires, porté à 10%. La Banque Centrale a également l'intention de resserrer sa politique monétaire, afin de contenir tout risque inflationniste. 

Pour la période se terminant en mars 2015, la dette publique a augmenté de 14,4% , pour se porter à 35,010 milliards de shillings tanzaniens. De ce montant, 30.8% était de la dette domestique (ou 9,376 milliards de shillings tanzaniens); sur une base annuelle, la dette domestique a cru de 19,7%. Une large partie de la dette publique domestique était détenue sous la forme de titres gouvernementaux: 82,4% à la fin de mars 2015; la croissance de la dette domestique est à attribuer à une plus grande émission de titres du Trésor, pour des raisons de financement budgétaire et de développement des marchés de capitaux. Sur le montant de la dette domestique, 648,1 milliards de shillings tanzaniens était de la dette à court-terme.

Structure du marché

Acteurs du marché 

Organismes d’émission 

La Banque Centrale de la Tanzanie (BoT) agit en tant que banquier et agent fiscal du gouvernement de la Tanzanie. Elle émet les titres du Trésor en son nom. 

Investisseurs

Investisseurs dans les titres de la République de Tanzanie

Pour la période se terminant en mars 2015, les banques commerciales étaient les investisseurs majoritaires, avec 51% des titres du gouvernement. Ils sont suivis par les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d'assurance) qui détiennent 25% des titres, la Banque Centrale quant à elle détient 22%. 

Autres intermédiaires

La BoT a désigné 19 spécialistes en valeurs du Trésor (SVT). 

Instruments émis 

Titres du Trésor émis

Les bons, obligations du Trésor, government stocks et obligations spéciales sont tous offerts par la BoT.

Les échéances des bons du Trésor sont à 35, 91, 182 et 364 jours. Ces titres sont offerts à la vente chaque deuxième mercredi du mois. 

Les échéances des obligations du Trésor varient de 2 à 5, 7 et 10 ans. Les obligations sont émises en fonction d’un calendrier trimestriel et représentent la part la plus importante des émissions gouvernementales. La sur-représentation des obligations gouvernementale par rapport aux bons du Trésor est en accord avec la Stratégie Nationale d'endettement, qui vise à allonger la maturité moyenne de la dette domestique. À la fin de mars 2015, les obligations gouvernementales représentaient 42,7% des titres gouvernementaux émis; les bons du Trésor comptabilisaient pour 31,5% des titres alors que les obligations spéciales représentaient 15,8% et les government stock 2%.

Durée moyenne jusqu’à l’échéance et rendement à l’échéance

Pour la période se terminant en mars 2015, le taux moyen d'intérêt sur les titres gouvernementaux était de 8%, soit une augmentation de 1% sur une base annuelle. La plupart des titres gouvernementaux (soit 6,852 milliards de shillings tanzaniens) maturera dans moins de 10 ans. Le rendement moyen pondéré sur tous les titres des gouvernementaux était de 4,3%, inflation non comptabilisée.

À la fin de mars 2015, la courbe des rendements sur les titres gouvernementaux était en croissance contenue, indiquant u un appétit plus grand pour les rendements sur le long-terme.

Marchés primaire et secondaire 

Marché primaire et processus d’adjudication

L’adjudication des bons du Trésor est annoncée quatre jours à l’avance, et les adjudications sont organisées le mercredi à 11 heures (GMT+3 heures). Les annonces sont publiées dans la presse et sur le site Web de la BoT. En revanche, les obligations du Trésor sont vendues aux enchères en fonction d’un calendrier trimestriel. 

Tous les résidents de la Tanzanie peuvent participer au processus d’adjudication. Les investisseurs institutionnels doivent justifier d’un capital de 100 millions de Tzs, tandis que les particuliers doivent souscrire un minimum de 5 millions de Tzs. Les offres multiples sont autorisées. 

Marché secondaire

Marché de gré à gré ou marché boursier

Les transactions s’effectuent à la Bourse de Dar es-Salaam (DSE), qui est complètement automatisée depuis 2006. Depuis juillet 2013, un réseau étendu (WAN) permet en outre aux courtiers de négocier à distance. Toutes les transactions sur le marché secondaire se font par multiple de 100 000 Tzs. 

Compensation, règlement et conservation 

Le Dépositaire central de titres (la CDS) a été établi en 1999. Ses responsabilités à l’égard de la BoT sont contenues dans la Convention relative aux opérations du Dépositaire central. 

Faits récents 

La DSE s’oriente vers une démutualisation complète ; ce projet était à l’étude depuis 2010 et devrait bientôt se matérialiser, à l’issue des discussions qui ont eu lieu en juillet 2013 et lors de la 22e réunion de l’«East African Securities Regulatory Association » (EASRA).  

L’Autorité des marchés financiers et des valeurs mobilières (CMSA) souhaite actualiser les règles de transaction de la DSE et a préparé dans ce but un projet, qui sera soumis au public pour commentaires. 

Lois sur la protection des investisseurs 

La DSE gère un fonds de compensation, le « Fidelity Fund » dont l’objectif est d’indemniser les investisseurs qui ont subi une perte financière des suites d’une fraude, d’une négligence ou d’un détournement de fonds par des courtiers agréés. Le montant de l’indemnisation se limite à l’heure actuelle à 100 000 Tzs. 

Guide d’achat des obligations

Procédures relatives à une participation sur le marché 

Tout résident tanzanien peut participer au marché des titres de dette publique. Ils peuvent, pour ce faire, présenter directement une offre (marché primaire) ou recourir aux services d’un spécialiste en valeurs du Trésor (marché secondaire).  

Fiscalité

Les avantages fiscaux pour les investisseurs sur les titres cotés sur les marchés de capitaux tanzaniens et mis en place pour promouvoir les activités sur le marché de la DSE était:

  • une exemption du droit de timbre sur les transactions du marché secondaire
  • une exemption de l'impôt sur les plus-values de 10% au moment de la revente des titres cotés
  • une réduction de 10 à 5% sur la retenue d'impôt sur les revenus d'intérêt sur les titres cotés.

Les avantages fiscaux pour les émetteurs sont disponibles sur le site de l'Autorité des Marchés des Capitaux.

Les titres dont l’échéance est supérieure à trois ans (5, 7 et 10 ans) sont exonérés d’impôt. Tous les participants exonérés du paiement de la retenue d’impôt doivent fournir un certificat d’exonération d’impôt établi par l’agence de revenu tanzanien, la Tanzanie Revenue Authority (TRA) . 

Les bons du Trésor sont compensés hors taxes par la BoT

Cycle de règlement

Le cycle de règlement des obligations est T+1. 

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

En septembre 2014, l'Autorité des Marchés de Capitaux a ouvert son marché des capitaux locaux aux investisseurs étrangers ; les étrangers sont maintenant autorisés à investir à hauteur de 40% sur les titres sans risque et à 60% des actions. 

Contrôle des mouvements de capitaux

Les transferts importants de devises doivent être accompagnés de la documentation nécessaire, tandis que les comptes en capital demeurent sujets au contrôle des changes. 

Restrictions sur les devises et rapatriement des bénéfices

Le marché des devises est aisément accessible. Compte tenu du climat actuel de contrôle des changes, les banques commerciales sont tenues de veiller à ce que toute la documentation nécessaire soit fournie à l’appui des transactions en devises. Cependant, la convertibilité des comptes en capital demeure limitée. 

Notation

Les  titres de créance de l’État Tanzanien ont été notés pour la dernière fois en 2011; Fitch, Moody's et S&P ont tous donné une notation de B à la cote de crédit de la Tanzanie; aucune notation  n'a été émise par la suite. En septembre 2015, les autorités tanzaniennes ont entamé des négociations avec l'agence Fitch pour une notation de crédit souverain, en préparation d'une émission euro-obligataire. 

Liste des spécialistes en valeurs du Trésor 

La liste des spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) est fournie par la BoT et peut être modifiée. Les SVT en exercice sont les suivants :