Afrique de l’Ouest

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Fondée en 1975, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est un groupe régional de 15 pays d’Afrique de l’Ouest, ayant pour objet l’intégration économique en vue de favoriser et d’accélérer le développement économique et social des pays membres.

La CEDEAO a créé plusieurs institutions pour répondre à ces objectifs :

  • la Commission, instituée après la transformation du Secrétariat de la CEDEAO, a donné au Secrétariat les pouvoirs d’une institution supranationale ;
  • le Parlement de la CEDEAO ;
  • la Cour de justice de la CEDEAO ; et
  • la Banque d’investissement et de développement (BIDC) de la CEDEAO, qui aide à financer le développement des pays membres.

Le programme d’intégration économique de la région a tout d’abord connu un succès mitigé, résultant en l’émergence de deux autres sous-régions, à savoir l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO). 

L’UEMOA a été créée officiellement à Dakar, le 10 janvier 1994, en réponse à la dévaluation du Franc CFA, la monnaie commune aux sept pays francophones de l’Afrique de l’Ouest, nommément le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Les chefs d’État ont signé le Traité de Dakar afin de satisfaire aux normes de convergence économique. La Guinée-Bissau a rejoint l’Union plus tard, pour en devenir le huitième État membre. 

Le Franc CFA est à parité fixe avec l’Euro. Les états membres déposent leurs réserves de change dans des comptes opérationnels ouverts auprès du Trésor français. Ainsi, la convertibilité du Franc CFA est garantie par des règles permettant les découverts par la France sur les comptes opérationnels.

La sous-région de l’UEMOA s’est dotée d’une banque centrale commune, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Celle-ci a pour mission d’assurer la stabilité des prix dans la sous-région au moyen d’une saine politique monétaire, de la gestion des réserves de change et d’une stricte supervision des banques. La BCEAO agit en outre en tant qu’émetteur commun des bons du Trésor et obligations du Trésor pour tous les pays membres.

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a démarré ses opérations en 1998, en tant que bourse régionale pour les huit pays membres de la région de l’UEMOA. Le marché des actions et le marché obligataire sont les deux segments de la BRVM. À la fin de 2012, 37 sociétés y étaient cotées, pour une capitalisation boursière de 4 031 milliards de FCFA. Le marché obligataire est divisé en quatre catégories :

  • Obligations de sociétés
  • Obligations d’État
  • Obligations régionales (obligations des institutions de développement régionales)
  • Obligations Kolas (obligations des institutions de développement internationales)

À la fin de 2012, 33 obligations étaient cotées pour une capitalisation boursière de 831 milliards de FCFA. Seuls quatre pays ont leurs obligations d’État cotées en bourse à l’heure actuelle :

  • le Burkina Faso a émis une obligation à cinq ans ;
  • le Sénégal a émis une obligation à cinq ans ;
  • la Côte d’Ivoire a émis six obligations dont les échéances varient de trois à sept ans ; et
  • le Burkina Faso a émis une obligation à cinq ans.

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) est la banque de développement régionale de l’UEMOA. Elle a joué un rôle décisif dans l’octroi de financement en faveur des projets de ses pays membres, de par son statut de plus grand fournisseur de financement à moyen et long terme. Elle est la principale institution d’émission d’obligations non souveraines et, de fait, l’organisme d’émission de référence sur le marché financier régional.

La seconde zone monétaire de la région de la CEDEAO a été établie en décembre 2000 avec l’adoption du cadre juridique institutionnel du programme de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO). La ZMAO est composée de cinq pays de l’Afrique de l’Ouest : la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Nigeria et la Sierra Leone. La responsabilité de faciliter la réalisation de l’union monétaire de la ZMAO incombe à l’Institut monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO). Ses principales priorités sont de créer :

  • une banque centrale, la Banque Centrale des États de l’Afrique l’Ouest (BCEAO) ;
  • un organe de supervision régional, l’Autorité de surveillance financière de l’Afrique de l’Ouest (ASFAO) ; et
  • une monnaie unique, l’Eco, qui remplacera à terme les cinq monnaies nationales du moment.

L’IMAO formule en outre des recommandations politiques à l’intention des pays membres en vue d’atteindre la convergence macroéconomique et de la maintenir, ainsi que de bâtir l’architecture convenue pour l’Union. L’IMAO procède aussi à des recherches empiriques et à des analyses en vue d’influencer les politiques en faveur de l’atteinte des objectifs des économies de la ZMAO. L’institut se charge enfin d’harmoniser les statistiques dans la zone et d’établir une architecture statistique qui viendra étayer les opérations de politique monétaire commune de la BCEAO dans la conduite d’une politique monétaire unique de la future Banque centrale commune. 

Afin de faciliter la réalisation de l’union monétaire, un système de paiement régional a été mis au point. Celui-ci vise à améliorer et à normaliser les systèmes de paiement de la Gambie, de la Guinée et de la Sierra Leone pour les ramener au niveau de ceux du Ghana et du Nigeria. Le projet est financé par des dons du Fonds africain de développement. 

Les principales composantes du projet de système de paiement de la ZMAO sont les suivantes :

  • système de règlement en temps réel des montants bruts (SRTRMB pour les transferts de fonds interbancaires et de grande valeur) ;
  • chambre de compensation automatisée (CCA) et traitement automatisé des chèques pour promouvoir les transactions électroniques et ainsi réduire le temps nécessaire à la compensation des transactions ;
  • système de règlement de titres sans écritures (SSS) afin de faciliter la conduite des opérations d’open market et la gestion de la liquidité du système bancaire ; et
  • systèmes d’applications bancaires pour les trois pays, pour une interface efficace avec les systèmes de paiement, y compris le SRTRMB et la CCA.

Initiatives du marché obligataire régional 

UEMOA 

  • Établissement d’un Comité de stabilité financière entre l’autorité de réglementation et les superviseurs du secteur financier de l’UEMOA. 
  • Notation des obligations à des fins de transparence et d’approfondissement du marché.
  • Création d’un cadre communautaire pour la répression des délits susceptibles d’être perpétrés sur le marché.

Tableau récapitulatif des pays

PaysPIB (millions USD) 2012Croissance du PIB (en glissement annuel)Dette extérieure (millions USD)Dette extérieure (en % du PIB)Dette publique nationale (millions USD)Dette publique nationale (en % du PIB)
Bénin7,4953.586909.211,28017.07""
Burkina Faso11,2457.965705.072,74724.43""
Cap-Vert1,7602.3838021.591,16466.14""
Côte d’Ivoire21,6418.641,9709.103,77617.45""
Gambie9321.0421022.5340143.01""
Ghana37,4737.117,36019.648,63323.04""
Guinée5,6534.16--3,57263.18""
Guinée-Bissau918-1.51--18620.23""
Liberia1,7678.86--21412.08""
Mali10,758-1.553703.442,66424.76""
Niger6,66113.081101.651,33820.08""
Nigeria287,8036.6252,85018.366,7222.34""
São Tomé-et-Principe2553.98--21885.45""
Sénégal12,6133.711,49011.814,53035.92""
Sierra Leone3,99516.68100.2594823.73""
Togo3,4545.0136010.4266519.24