Bénin

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives


La croissance économique au Bénin reste robuste (estimée à 6,7 % pour 2019) en partie grâce à la hausse des investissements publics qui sont passés de 21 % du PIB en 2016 à 29,6 % en 2019. du côté de l’offre, la croissance est imputable à la performance du secteur agricole en tête duquel se trouve le coton dont la production est passée de 269 222 tonnes en 2016 à 726 831 en 2019) à la vitalité du secteur des bâtiments et travaux publics, au regain d’activité de l’agro-industrie, et au dynamisme du port de Cotonou. L’inflation est restée faible, à un taux estimé de –0,1 % en 2019, en dessous de la limite de 3 % de l’UeMoA. Le franc CFA, arrimé à l’euro, s’est apprécié par rapport au dollar sur la période 2017–2019.

Le déficit budgétaire, financé par des emprunts et des dons, s’est réduit pour s’établir à 2,5 % du PIB en 2019. Le déficit du compte courant, qui s’est amélioré grâce au coton, est financé principalement par les prêts officiels (33 %), les prêts privés (27 %), et les investissements directs étrangers (19 %).

Les réserves de change sont tombées à 20,93 millions USd en 2018 (soit 0,07 mois d’importation). La dette publique est estimée à 54 % du PIB en 2019. Le pays a émis en mars 2019 une euro-obligation de 500 millions euros (5,2 % du PIB), mais le risque de surendettement est jugé modéré. Le Bénin est noté B+ par l’Agence Standard & Poor’s.

Les niveaux élevés de pauvreté (40 % de la population) et d’inégalité reflètent le caractère non inclusif de la croissance.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives de l’économie du Bénin sont favorables avec un taux de croissance du PIB projeté à 6,7 % en 2020 et 6,6 % en 2021. dans l’agriculture, le « Plan stratégique de développement du secteur agricole 2017–2025 » vise l’amélioration

de la productivité agricole et le développement des chaînes de valeurs agricoles (anacarde, ananas, manioc, maïs, riz, viande, lait), le renforcement de la résilience des exploitations agricoles, et la mise en place de mécanismes de financement et d’assurance agricoles adaptés.

La capacité de production d’électricité a augmenté de 67 % entre 2016 et 2019. L’électricité représente environ 0,8 pour cent du PIB et le pays reste fortement dépendant du Nigéria et du Ghana (qui fournissent environ 90 % de son approvisionnement). Le Plan d’urgence d’électricité (27 mil- lions USd) soutient la stratégie énergétique du pays, avec l’objectif de faire passer la capacité de 354 MW en 2019 à 1400 MW en 2035.

L’insuffisance des infrastructures réduit la rentabilité des activités économiques et constitue un obstacle à la croissance. L’économie est caractérisée par une faible productivité et la prédominance du secteur informel qui renforce les déséquilibres structurels et creuse l’écart entre la croissance effective et la croissance potentielle. La structure de l’écono- mie est restée quasiment stable depuis 2000 (le secteur pri- maire comptant pour 26,4 % du PIB ; le secteur tertiaire étant prépondérant avec 49,2 % ; et le secteur secondaire restant peu développé, avec 16,4 %).

L’économie est confrontée à un déclin tendanciel de la productivité globale des facteurs dans l’agriculture et l’industrie.

La productivité agricole reste faible et la structure indus- trielle repose sur les industries agroalimentaires, manufacturières, les bâtiments et travaux publics. La faible performance des secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale est notable. de plus, la croissance démographique (2,8 %) et le niveau de sous-emploi (67,2 %) sont tous deux très élevés.

Le pays reste très dépendant de l’évolution des politiques commerciales et de change du Nigéria, principal partenaire économique avec 51 % des exportations du Bénin.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Stratégie d’émission

Le Bénin est l’un des huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Au sein de cette union, les stratégies d’émission d’obligations varient d’un État à l’autre mais la plupart utilisent l’outil MTDS (stratégie de gestion de la dette à moyen terme).

La dette publique du Bénin augmente rapidement depuis 2014. La dette publique totale (extérieure et intérieure) est passée de 30,5 % en 2014 à 54,57 % en 2018. Cette augmentation est principalement due à la hausse de la dette intérieure, conséquence de l’intensification des investissements publics. Fin 2018, environ 80 % des passifs intérieurs étaient constitués de titres publics émis sur le marché financier régional. Le Bénin a émis sa première euro-obligation en mars 2019, ce qui devrait modifier sensiblement la structure de sa dette. Le transition de l’emprunt intérieur vers le marché international s’accompagne de la mise en œuvre d’un certain nombre de réformes visant notamment à :

  • identifier et mettre à jour la composition de la dette souhaitée (la répartition entre la dette intérieure et extérieure qui établit le bon équilibre entre les coûts et les risques)
  • définir clairement les plans futurs concernant l’émission de titres de créance sur les marchés intérieurs et extérieurs afin de respecter la composition de la dette visée
  • anticiper et planifier le refinancement de la dette et éviter la concentration des échéances en établissant des plans dynamiques de gestion actif-passif (facilitée par l’accès aux marchés internationaux)
  • entretenir des relations solides avec les investisseurs, notamment en renforçant la gestion des finances publiques et les pratiques de transparence de la dette publique (par exemple, en publiant en temps opportun des informations sur la composition de la dette publique).

Avec une consolidation budgétaire continue et une forte croissance économique, le ratio de la dette publique devrait commencer à diminuer à partir de 2019.

Les programmes d’émission de titres publics sont axés sur des échéances de 3 mois à 6-7 ans et se caractérisent par des titres remboursables par amortissement et coupon différé, comme pour la plupart des pays de l’UEMOA.

La courbe des taux

Dans le cadre de ses activités de développement de marché, l’Agence UMOA-Titres a mené un projet pour mettre en place des La courbe des taux du marché des titres publics de la zone UEMOA (MTP) pour les émetteurs, avec pour objectif de :

  • améliorer la transparence du MTP
  • contribuer à une meilleure fixation des prix lors des enchères
  • sensibiliser les investisseurs à la relation entre les marchés primaire et secondaire
  • fournir aux investisseurs locaux/internationaux un prix de référence pour les titres émis par les États
  • Les conditions d’élaboration de ces La courbe des taux n’ont pas encore été toutes observées sur le MTP. Il a donc été décidé de :
  • développer à court terme une courbe préliminaire de rendement, prenant en compte les spécificités du MTP, qui soit suffisamment évolutive pour accompagner son développement
  • définir à moyen/long terme les voies et moyens nécessaires pour développer des modèles de La courbe des taux à perfectionner en fonction de l’évolution du MTP.

La courbe des taux des titres publics du Bénin s’étend sur 10 ans.

Modèles de La courbe des taux

La courbe des taux est construite sur la base des rendements du marché primaire. Le modèle utilisé est celui de Nelson-Siegel Svensson. 

Méthodes d’interpolation

Interpolation linéaire

La courbe des taux gérée par

L’Agence UMOA-Titres est responsable de La courbe des taux.

Plateforme d’affichage

Site de l’Agence UMOA-Titres

Les défis liés à l’élaboration d’une La courbe des taux efficace

  • Fragmentation du marché
  • Base d’investisseurs étroite : formée d’investisseurs homogènes, tels que des banques.
  • Marché secondaire peu liquide

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

La souscription principale des bons du Trésor et des obligations est réservée aux établissements de crédit, aux sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) ainsi qu’aux institutions financières régionales disposant d’un compte de règlement dans les livres de la Banque centrale.

D’autres investisseurs, personnes physiques ou morales, quel que soit l’État dans lequel ils sont établis, peuvent également souscrire des bons du Trésor et des obligations sur le marché primaire et le marché secondaire par l’intermédiaire d’établissements de crédit et de SGI situés sur le territoire de l’Union.

Les émissions sur le marché primaire du MTP se font par adjudication. Chaque émission doit être annoncée au moins 7 jours avant l’adjudication, en précisant ses caractéristiques. Les soumissionnaires présentent à la Banque centrale dans une urne scellée réservée à cet effet un formulaire de soumission précisant les montants et les taux d’intérêt ou le prix proposé. Les soumissions peuvent également être envoyées par voie électronique dans les conditions définies par la Banque centrale.

Au plus tard une heure après la date limite pour la présentation des offres, les Directions Nationales de la BCEAO transmettent par voie électronique, par fax ou tout autre moyen de communication rapide accepté par la Banque centrale, les principales soumissions à l’agence principale de la BCEAO, qui organise les enchères.

Les bons du Trésor sont éligibles à un refinancement par la Banque centrale. Les investisseurs et la Banque centrale peuvent acheter ou vendre des bons du Trésor sur le marché secondaire, attribués par entente directe. Dans ce contexte, ils sont tenus d’afficher le prix d’achat et de vente qu’ils sont prêts à accepter.

Les émissions d’obligations peuvent être effectuées par syndication, dont la gestion est assurée par gérée par le CREPMF. [http://www.crepmf.org/Wwwcrepmf/Reglementation/pdf/Instructions/INSTRUCTION_N36_2009.pdf]

Les bons du Trésor peuvent être négociés sur le marché secondaire. À ce titre, ils peuvent être échangés à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) ou en dehors.

Cycle de règlement

Sur le marché primaire par adjudication, la date de règlement est T+1, T représentant la date d’émission. Sur le marché secondaire, le paiement des bons du Trésor et des obligations par les principaux souscripteurs s’effectue en débitant leur compte de règlement auprès de la Banque centrale à le date de valeur d’émission de ces titres. La date de règlement est le premier jour ouvrable suivant la conclusion de la transaction pour les transactions nationales et le troisième jour ouvrable suivant la conclusion de la transaction pour les transactions entre deux États membres. Les parties contractantes sont libres de convenir d’un délai supérieur à ces délais minimum pour le règlement des transactions, À CONDITION que les instructions données par les deux parties soient identiques, et que la transaction soit directement effectuée à la date de valeur convenue. En cas de divergence, la Banque centrale suspend la transaction et notifie cette décision aux deux parties pour trouver une solution.

Imposition

Les revenus des bons et des obligations du Trésor sont exonérés d’impôt sur tout le territoire de l’UEMOA. Pour les États non-membres, les taux d’imposition diffèrent d’un pays à l’autre. Au Bénin, le taux d’imposition des revenus de titres est de 6 % maximum.

Notation 

Agence de notation Notation Perspective
Moody’s B Positive
Fitch B2 Positive
Standard and Poor’s B+ Stable

Négociants principaux

Le marché des titres s’appuie sur un ensemble de spécialistes en valeurs du Trésor (SVT). Les établissements de crédit et les SIG peuvent être agréés SVT dans les conditions précisées par la Banque centrale. À ce titre, ils doivent respecter certains engagements qui confèrent certains avantages particuliers. Ces engagements et avantages sont précisés par une instruction de la Banque centrale.

Liste des primary dealers

BANK OF AFRICA BENIN

Avenue Jean-Paul II

+22921313228

BANQUE REGIONALE DE MARCHES

IMMEUBLE LA ROTONDE RUE DR THEZE X ASSANE NDOYE

+221338896080

BIBE FINANCES AND SECURITIES

Avenue Jean-Paul II, Immeuble SIB, 5ème étage

+22921324875

CORIS BANK INTERNATIONAL

Avenue Steinmetz, 122 Parcelle ZA

+22996315145

ECOBANK BENIN

RUE DU GOUVERNEUR BAYOL

+22921312424

SGI BENIN

CARRE 211 ST MICHEL, IMMEUBLE SGI

+22921311541

UNION TOGOLAISE DE BANQUE

BOULEVARD DU 13 JANVIER NYEKONAKPOE

+22822234300

Restrictions du marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Aucune restriction n’empêche les investisseurs étrangers de négocier sur le marché des titres publics. Ils peuvent souscrire des bons du Trésor et des obligations sur les marchés primaire et secondaire par l’intermédiaire d’établissements de crédit et de SIG situés dans l’Union.

Contrôle des mouvements de capitaux

Il n’existe aucune limite significative aux investissements étrangers, ni de différences de traitement entre investisseurs étrangers et nationaux, que ce soit en termes de niveau de propriété ou de secteur d’investissement.

Restriction sur les opérations de change et le rapatriement des bénéfices

L’UEMOA dispose d’une réglementation unifiée sur les opérations de change. En vertu de cette réglementation, il n’existe aucune restriction sur les transferts au sein de la communauté, et les banques commerciales désignées sont en mesure d’approuver les opérations de change courantes à l’intérieur de la communauté. Le transfert à l’étranger du produit de la liquidation des investissements directs étrangers ne nécessite plus l’approbation préalable du gouvernement.

 

Documents et ressources

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