Cape Verde

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives
La dynamique de développement économique du Cabo Verde reste forte, avec une croissance du PIB réel estimée à 5 % en 2019, grâce à une activité soutenue dans l’industrie, la pêche, le commerce et le tourisme. L’impact de l’investissement public sur la croissance a été inférieur à son potentiel en raison des inefficiences du vaste secteur parapublic, avec pour résultat une dette publique élevée. Un assainissement budgétaire a été entrepris pour lutter contre la dette, notamment en plafonnant à 3 % du PIB les emprunts intérieurs. Ces mesures ont commencé à porter leurs fruits et le déficit budgétaire, financé par des prêts concessionnels et des émissions de bons du Trésor, s’est contracté en 2018 en dessous de 3 % du PIB. La dette publique est passée de 128,4 % du PIB en 2016 à 123,9 % en 2018, et devrait tomber à 98,5 % du PIB d’ici 2023.

La politique monétaire a été conforme au maintien de l’ancrage du taux de change à l’euro et celle-ci, combinée à l’appréciation du taux de change réel, a contribué à maintenir l’inflation en dessous de 2 %. Le déficit de la balance courante s’est réduit, reflétant l’augmentation des recettes d’exportation dans un contexte de baisse de la demande d’importation ; il est financé principalement par des apports officiels et privés. Parallèlement, la réduction des investissements publics due à l’assainissement budgétaire a limité les investissements dans les infrastructures destinées à accélérer la diversifica- tion économique. Il en résulte une faible connectivité entre les îles qui entrave la compétitivité des entreprises locales dans les chaînes de valeur mondiales. Les tarifs élevés de l’électri- cité, qui atteignent environ 0,25 USd/kWh contre 0,19 USd/ kWh à Maurice, font également obstacle à la croissance de la production manufacturière, car la plupart des entreprises dépendent d’une énergie diesel coûteuse, ce qui par ailleurs réduit les réserves de change.

La croissance économique du Cabo Verde s’est traduite par une réduction substantielle de la pauvreté (de 58 % en 2001 à 35 % en 2015) et par une diminution de l’inégalité des revenus (d’un coefficient de Gini de 0,53 en 2001 à 0,42 en 2015). Le taux de chômage reste toutefois élevé, en particulier chez les jeunes et les femmes (32,4 %), ce qui pourrait compromettre la cohésion sociale.

Facteurs favorables et défavorables

La croissance du PIB réel devrait s’établir à 5 % en moyenne en 2020 et 2021, sous l’impulsion de l’industrie, de la pêche,

du commerce et du tourisme. Pour développer une économie plus diversifiée, le Cabo Verde pourrait mieux tirer parti de sa richesse océanique en s’attaquant aux goulets d’étranglement des infrastructures de transport et de logistique. La privatisation de Cabo Verde Airlines en mars 2019 et l’entrée en activité du concessionnaire de transports maritimes (Cabo Verde Inter-ilhas) en août 2019 vont dans le bon sens pour renforcer l’intégration du marché et améliorer la circulation des biens et des personnes. Les plans visant à adopter le tarif extérieur commun de la CedeAo et à adhérer à la future mon- naie régionale unique (l’éco) pourraient accroître le commerce intrarégional.

Le tourisme représente 21 % du PIB et les arrivées de touristes devraient atteindre le million d’ici 2020. Toutefois les grands hôtels et centres touristiques importent toujours plus de 80 % de leurs besoins en aliments et boissons, pour un coût estimé à 29 millions USd par an. Le tourisme béné- ficierait d’une accélération des investissements prévus dans les infrastructures, notamment la construction du port de l’île de Maio et du corridor de transport multimodal régional Praia-dakar-Abidjan.

L’insuffisance des infrastructures entrave la mobilité entre les îles et le développement du tourisme. L’inadéquation des installations de manutention du fret, l’insuffisance des instal- lations aéroportuaires sur les différentes îles et le manque de logistique pour soutenir le transport intermodal ont tendance à augmenter les coûts des services touristiques et à limiter le développement de la chaîne de valeur. Les prêts non per- formants, qui représentent environ 12,2 % du total des prêts, demeurent une source de préoccupation et pourraient faire baisser la consommation et les investissements et ralentir la croissance économique. La forte dépendance à l’égard du tourisme et des transferts de fonds rend le pays vulnérable aux évolutions défavorables en europe, y compris aux risques liés au Brexit, (environ 25 % des touristes du pays proviennent du Royaume-Uni).

Les risques climatiques, s’ils ne sont pas atténués, pourraient entraver la réalisation des objectifs de croissance et d’équité. Si les pouvoirs publics attachent une grande importance au développement des compétences en consacrant 5,4 % du PIB à l’éducation, ce qui est bien supérieur à la moyenne de 4,1 % des pays en développement, le manque de compétences reste une difficulté majeure pour le secteur privé. Pour tirer parti de la dynamique du dividende démographique, un programme de stages subventionnés a fait entrer 5 000 jeunes sur le marché du travail.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

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