Gambie

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives

Après la période de transition politique de 2016, la croissance du PIB s’est accélérée, passant à 6,6 % en 2018, à la suite d’une reprise dans l’agriculture, le tourisme, la construction et le commerce. elle est ensuite retombée à 5,4 % selon les estimations pour 2019, en raison d’une gestion fiscale faible et de retards dans les décaissements de l’aide budgétaire. L’inflation a diminué grâce à un taux de change stable, qui n’a baissé que de 3,2 % depuis septembre 2018, un approvisionnement alimentaire solide et une baisse des prix des matières premières. La dépendance de la Gambie envers les importations alimentaires et énergétiques a creusé le déficit de la balance courante de 2015 à 2018, mais l’amélioration de la balance des services et des capitaux privés, ainsi que les envois de fonds de la diaspora ont réduit le déficit en 2019. La consolidation fiscale a permis de ramener le déficit fiscal à 4,1 % du PIB en 2019 grâce à un financement par des prêts et des subventions d’aide budgétaire et des emprunts onéreux au plan national, avec un effet d’éviction sur l’investissement privé.

La dette reste insoutenable (81,8 % du PIB en 2018), et le service de la dette a absorbé plus de 53 % des recettes de 2016 à 2018, définissant une étroite marge de manœuvre budgétaire pour financer les dépenses prioritaires. Le montant élevé de la dette publique et la marge de manœuvre budgétaire limitée ont entraîné une stagnation de la pauvreté (48,4 % en 2010 et 48,7 % en 2015) et un taux de chômage élevé (35,2 % en 2018).

La Gambie fait face à des difficultés majeures dans le domaine de l’énergie et des infrastructures. et l’agriculture, malgré tout son potentiel, n’a pas beaucoup contribué à réduire la pauvreté ; 91 % de la population rurale pauvre travaille dans de petites exploitations d’agriculture de subsistance.

Facteurs favorables et défavorables

Les prévisions de croissance du PIB réel se situent autour de 5,1 % pour 2020 et 2021, grâce à l’agriculture, au tourisme, à un accroissement du financement extérieur pour l’énergie et les routes, ainsi qu’à un commerce stimulé par l’ouverture

récente du pont Trans-Gambie. Avec son statut de petite économie largement ouverte, la Gambie pourrait bénéficier d’une meilleure intégration commerciale au niveau de la Zone de libre-échange continentale africaine et de la future adoption d’une monnaie unique régionale (éco). Les investissements dans la modernisation du port de Banjul sont essen- tiels pour générer des revenus du commerce de transit et de nouvelles opportunités commerciales dans le transport vers l’arrière-pays sahélien des combustibles liquides importés. Ce projet pourrait créer des emplois et réduire le chômage chez les jeunes, actuellement situé à 41,5 %.

Parmi les obstacles à la croissance figurent les faiblesses en matière de capacités institutionnelles et la lenteur des progrès de la consolidation fiscale. Ces contraintes pourraient nuire à la confiance du secteur privé et réduire les décaisse- ments de l’aide au développement, avec des conséquences néfastes sur l’investissement et la croissance. Le lourd fardeau de la dette publique et des passifs éventuels, notamment des entreprises publiques, laisse peu de place pour une expan- sion du crédit dans le secteur privé. Les autorités pourraient explorer la possibilité de restructurer une partie de la dette en sollicitant un allégement auprès des créanciers bilatéraux et multilatéraux.

La demande en électricité est supérieure à la capacité de production qui atteint 99 MW, mais dont seulement 55 MW sont disponibles. Le prix de l’électricité est élevé (0,26 $ le kWh, comparé à 0,16 $ le kWh au Mali) et le coût de produc- tion reste fonction du prix du pétrole et des aléas du cours des devises étrangères.

Une augmentation du prix mondial du pétrole ferait monter le prix de l’énergie, ébranlerait la stabilité macroéconomique et celle des prix, et entraînerait une dégradation du pouvoir d’achat et du bien-être. Une saison des pluies inhabituelle- ment courte pourrait causer une baisse de 50 % ou plus de la production de l’agriculture pluviale. Une étude nationale sur les compétences et l’employabilité a montré que peu de gens reçoivent une formation professionnelle, principalement à cause d’une répartition inégale des établissements de formation technique et professionnelle. La promotion de ces programmes est donc critique pour l’amélioration de l’employabilité.

État de préparation du secteur de la santé

Malgré l’accès limité aux services de santé, l’Indice mondial de sécurité sanitaire 2019 a évalué le système de santé du pays comme étant mieux préparé à gérer les épidémies de maladies infectieuses, le classant 117e sur 195 pays dans le monde, et 19e sur 54 en Afrique. L’un des principaux atouts du système de santé est sa capacité de détection précoce et de réaction aux épidémies, mais la capacité à traiter les malades et à protéger les travailleurs de la santé reste faible en raison de la pénurie de personnel médical, d’équipements et de fournitures de laboratoire.

Réponse du gouvernement

Le gouvernement a pris des mesures préventives en février 2020, bien avant le premier cas déclaré. Depuis lors, il a intensifié les mesures visant à renforcer la résilience éco- nomique, à soutenir le secteur privé et à aider les groupes vulnérables.

Mesures de santé. Les dépenses du secteur de la santé ont été augmentées de 0,5 milliard GMD (0,5 % du PIB) dans le cadre du Plan d’action pandémie COVID–19 du ministère de la Santé préparé avec l’aide des partenaires de développe- ment. Cela a permis d’appliquer les mesures d’endiguement, de renforcer la sécurité sanitaire et la logistique dans tout le pays, et de développer les capacités des laboratoires.
Mesures macroéconomiques. Le gouvernement a ajusté les prix du carburant domestique en fonction des prix du marché mondial, a réaffecté les ressources des pro- grammes non prioritaires et a gelé les subventions éner- gétiques, les voyages et les dépenses de transport. La banque centrale a réduit son taux directeur de 50 points de base en février 2020 pour le ramener à 12 %, et a aug- menté le taux de la facilité de dépôt permanent de la même marge pour le porter à 3 % afin de stimuler les liquidités et de soutenir la croissance du secteur privé.

Mesures sociales. Le gouvernement aide les plus vulné- rables en fournissant une aide alimentaire (un sac de riz, un sac de sucre, et 10 litres d’huile de cuisson). Pour protéger les emplois dans les secteurs clés, il a également pris des mesures de soutien, telles que la couverture des salaires des travailleurs du secteur du tourisme pendant trois mois (avril–juin 2020) grâce à la sécurité sociale. Des proroga- tions de délai pour les déclarations de TVA des entreprises ont également été accordées.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

En 2018, la dette publique s’élevait à 85 % du PIB. Le stock de dette extérieure en pourcentage de la dette totale était de 55 %, les 45 % restants représentant la dette intérieure. Le gouvernement a pu introduire des instruments à plus longue échéance (obligations à 3 et 5 ans) sur le marché de la dette intérieure et a réussi à séparer les instruments de dette intérieure des instruments de politique monétaire.

Stratégie d’émission

L’un des objectifs de la gestion de la dette est d’emprunter à un coût minimum, avec un niveau de risque limité.  La stratégie vise globalement à restructurer la dette intérieure et traduit la volonté du gouvernement à réduire le coût de l’emprunt, notamment en :

  • maximisant le financement concessionnel extérieur afin de réduire le coût d’emprunt
  • poursuivant l’émission des obligations à 3 et 5 ans pour développer et approfondir le marché de la dette intérieure et réduire le risque de refinancement
  • allongeant l’échéance de la dette intérieure en remplaçant une plus grande proportion de la dette à court terme par des bons du Trésor à plus long terme, minimisant ainsi les risques de refinancement du portefeuille

La stratégie prévoit d’augmenter les émissions d’obligations à moyen terme (en particulier celles à 3 et 5 ans) sur le marché obligataire national au cours de la période couverte par la stratégie. Cela suppose également que l’émission de ces obligations allongent la courbe de rendement. Grâce à cela, la stratégie devrait diversifier la base d’instruments et fournir des options appropriées grâce auxquelles des institutions comme les caisses de retraite et les compagnies d’assurance pourront adapter leurs actifs à leurs passifs.

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché

L’adjudication

La plupart des enchères d’obligations propose un prix fixe (rendement) ou un type de prix variable, où la méthode de fixation du prix variable (rendement) peut suivre un système de prix multiple ou uniforme. Toute différence applicable à une enchère particulière sera

indiquée dans l’avis de vente correspondant.  Avant la vente aux enchères, la Banque centrale de Gambie publiera un avis invitant les personnes intéressées à faire parvenir leurs offres

pour les obligations à émettre. Les formulaires de demande seront disponibles sur les sites Internet du ministère des Finances et des Affaires économiques et de la Banque centrale de Gambie, aux côtés de l’avis de vente et des directives associées. Chaque demande d’achat d’obligations doit être déposée en personne dans la boîte d’appel d’offres du Département bancaire de la banque centrale de Gambie, et non remise à des responsables de la banque. Les offres peuvent également être envoyées par e-mail à l’aide d’un formulaire complété et scanné à une adresse e-mail anonyme de la Banque centrale, à savoir : omo@cbg.gm.  Le début et la fin de l’appel d’offres doivent être mentionnés dans l’avis de vente.  La Banque centrale de Gambie se réserve le droit d’accepter ou de rejeter ou de refuser de reconnaître une offre. Elle se réserve également le droit d’attribuer plus ou moins d’obligations que le nombre d’obligations spécifié dans l’avis de vente. Enfin, elle se réserve le droit de renoncer à toute disposition présente dans ces directives, dans l’avis, ou dans le formulaire de demande, et ce pour tout soumissionnaire, tant que l’offre n’est pas acceptée et le prix réglé. Les décisions de la Banque centrale de Gambie feront foi.

Enchère

Pour la première émission, chaque offre doit préciser un montant, à un prix ou un taux d’intérêt (rendement) indiqué exprimé en pourcentage, qui ne doit pas avoir plus de 3 décimales. Les émissions suivantes peuvent ne pas suivre cette règle. Dans ce cas, le système d’enchères néerlandais (prix multiple) ou anglais (prix unique) devra être utilisé. Le montant minimal d’une offre doit être de 5,0 millions de GMD et évoluer par multiple de 50 000 GMD. Dans le cas où la Banque centrale de Gambie reviendrait à un système d’enchères à prix uniforme ou multiple, en faisant une offre concurrentielle, chaque soumissionnaire doit déclarer et attester qu’il n’a pas discuté de son offre, ou de l’offre de quiconque, avec une autre personne ou, en aucun cas, de quelque autre manière que ce soit, n’a pas divulgué son offre à une autre personne, ou n’a pas agi de sorte que l’offre de quelqu’un lui soit divulguée, ou n’est en connivence ou en collusion avec une autre personne quant à sa propre offre ou à celle d’une autre personne ou aux prix des enchères en général.

Notification des résultats

Les résultats généraux d’une adjudication sont disponibles à partir de 15h00 le jour de l’enchère et en tout état de cause, le spécialiste en valeurs du Trésor et les autres enchérisseurs sont informés (par téléphone ou par courriel envoyé par : omo@cbg.gm) de leurs attributions, au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la vente aux enchères. La Banque centrale de Gambie publie alors un rapport et une analyse de chaque vente aux enchères dans un communiqué de presse sur son site internet (www.cbg.gm) à la fermeture des bureaux le jour de la vente aux enchères. Le cas échéant, ces rapports et analyses préciseront :

  • Les prix ou taux acceptés moyens pondérés, ainsi que les plus élevés et les plus bas, et le taux de rendement brut équivalent à ces prix ou à ces taux
  • La valeur totale des offres acceptées, les montants offerts et les enchères manquant/comptant trop de souscripteurs
  • le rapport entre la valeur totale des offres reçues et le montant de l’offre, y compris les offres rejetées en tout ou en partie en raison du prix ou du taux.

Paiement et règlement

Le paiement doit être effectué par prélèvement automatique via un système à règlement brut en temps réel (RTGS). Les SVT doivent s’assurer qu’ils ont suffisamment de fonds sur leurs comptes à la date du règlement pour couvrir les achats d’obligations effectués pour leur propre compte et pour le compte de leurs clients. À la date d’émission, la Banque centrale de Gambie débite le compte au comptant du soumissionnaire retenu du montant que le soumissionnaire est tenu de payer pour les obligations obtenues. Les avoirs de chaque porteur d’obligations doivent être enregistrés sur le registre électronique de la Banque centrale de Gambie.

Cycle de règlement

La validation et le règlement des bons et des obligations du Trésor sont effectués le jour suivant la date d’émission.

Marché secondaire

Les détenteurs d’obligations peuvent négocier des obligations existantes entre eux ainsi qu’avec le grand public. À titre indicatif, la Banque centrale de Gambie prévoit que le règlement des transactions sur le marché secondaire ait lieu le jour où le contrat de vente est conclu.

Imposition

Les résidents et les non-résidents sont soumis à une taxe. Les bons du Trésor ne sont pas imposables. Cependant, une commission de 3 % s’applique en cas de remboursement avant l’échéance.

Restrictions du marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

La participation étrangère n’est pas limitée sur le marché de la dette intérieure. Les investissements étrangers ne sont pas obligatoirement examinés, sauf en cas de suspicion de blanchiment d’argent ou de financement du terrorisme.

Contrôle des mouvements de capitaux

Il n’y a pas de limite à l’entrée ou à la sortie de fonds pour les transferts de bénéfices, le service de la dette, le capital, les gains en capital.

Restriction sur les opérations de change et le rapatriement des bénéfices

Il n’y a aucune restriction sur la conversion de fonds en devises étrangères. Il n’y a aucune restriction au rapatriement des bénéfices et des dividendes s’il est effectué via le système bancaire. La plupart des banques commerciales de Gambie gèrent désormais des comptes libellés en devises, qui ont été ouverts par la Banque centrale de Gambie en 2001 pour faciliter davantage le commerce international et les investissements directs étrangers.

Notation

Agence de notation Notation actuelle Perspectives
Moody’s Aucune Aucune
Fitch Aucune Aucune
Standard and Poor’s Aucune Aucune

Opérateurs primaires

Le 4 avril 2006, La Banque centrale de Gambie a procédé à la mise en place d’un Système d’opérateurs primaires (PDS) pour les titres d’État.

Les opérateurs primaires à ce jour sont :

  • First International Bank Ltd,
  • Guaranty Trust Bank Ltd,
  • Bank for International Trade Ltd,
  • International Commercial Bank Ltd,
  • Standard Chartered Bank Ltd,
  • Trust Bank Ltd.

Restrictions sur le marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Il n’y a pas de limitation à la participation étrangère au marché des titres d’emprunt. Il n’y a pas d’examen sélectif obligatoire des investissements étrangers, quoique cela puisse se faire en cas de suspicion de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme.

Contrôle des mouvements de capitaux

Il n’y a pas de limitation sur les entrées et les sorties de fonds pour les transferts de bénéfices, le service de la dette, les capitaux et les plus-values.

Restriction de change et rapatriement de bénéfices

Il n’y a aucune restriction sur la conversion des fonds en devises. Il n’y a pas non plus de restriction sur le rapatriement des bénéfices et des dividendes tant que ces opérations sont effectuées par le biais du système bancaire. La plupart des banques commerciales de Gambie gèrent à présent des comptes libellés en devises, une pratique introduite en 2001 par la Banque centrale de Gambie pour faciliter le commerce international et les investissements directs étrangers.

Documents et ressources

Documents - Ministère des Finances

Documents - Banques Centrales

Documents - Other sources

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