Sénégal

Résumé pays

Performances macroéconomiques

La croissance estimée du PIB réel reste forte à 7,0 % en 2018, légèrement inférieure aux 7,2 % de 2017, avec une croissance du secteur primaire de 7,8 %, grâce à l’agriculture et aux activités connexes. Le secteur secondaire enregistre une croissance de 6,9 %, due principalement aux sous-secteurs des industries extractives, de l’agroalimentaire et du bâtiment. La croissance du secteur tertiaire atteint 6,7 %, particulièrement grâce à la vente au détail. Du côté de la demande, la croissance est tirée par la formation brute de capital fixe (9,5 %), la consommation intermédiaire (7,7 %) et la consommation finale (6,7 %).

Le déficit budgétaire de –3,5 % du PIB en 2018, est supérieur aux 3 % de 2017, et financé principalement par l’émission d’euro-obligations. Le ratio de la dette extérieure totale au PIB était de 64,2 % en 2017 et de 62,9 % en 2018. Cependant, le risque de surendettement reste faible. L’inflation s’établit à 1,4 % en 2018, légèrement supérieure à celle de 2017, du fait d’une saison agricole favorable et d’une politique monétaire prudente. Le déficit de la balance courante passe de –7,3 % du PIB en 2017 à –6,9 % en 2018 grâce à l’accroissement des exportations de produits agricoles et halieutiques et la baisse des importations. Les termes de l’échange s’améliorent de 4,1 %.

La forte croissance enregistrée depuis 2015 devrait se poursuivre en 2019 et 2020 grâce à la poursuite des investissements publics dans le cadre du Plan Sénégal émergent. Les efforts de consolidation pourraient ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB après 2020.

Cependant, ces projections sont incertaines, notamment en raison de la hausse des prix du pétrole. toutefois, le Sénégal pourrait devenir un pays producteur de pétrole et de gaz d’ici 2021. Il existe d’autres risques comme l’accumulation d’arriérés internes, ce qui ralentirait les activités du secteur du bâtiment, et l’augmentation des dépenses courantes résultant des demandes sociales, caractéristiques d’une année électorale. membre de l’UEmOA, le Sénégal jouit d’un environnement macroéconomique stable, mais il peut connaître une dégradation de la compétitivité à cause de son manque de flexibilité face aux chocs externes.

Perspectives

facteurs positifs et négatifs: Dans le cadre du Plan Sénégal émergent, les réformes du Programme de réformes de l’environnement des affaires et de la compétitivité ont été mises en œuvre. Dans le secteur agricole, elles visent à la simplification des procédures fiscales et la suspension ou l’exonération de certaines taxes. Dans le secteur de l’énergie, en 6 ans, divers investissements et réformes ont doublé la capacité installée qui atteint 1 250 mW en 2018. Le plan de bouquet énergétique a augmenté la production et réduit le prix de l’électricité de 10 %. L’opérationnalisation des zones économiques et des projets industriels a fourni aux entreprises des installations conformes aux normes internationales. Cependant, pour optimiser ces réformes, les autorités devraient renforcer le régime foncier et adapter le système éducatif aux emplois futurs.

Sur le plan de l’intégration régionale, le Sénégal a été l’un des premiers à adopter et à mettre en œuvre le tarif extérieur commun de l’UEmOA, à signer l’accord de la zone de libre-échange continentale en Afrique et à mettre en œuvre des réformes de facilitation portuaire pour rendre le port de Dakar plus attrayant et plus sûr, en ratifiant et en mettant en œuvre des réglementations régionales adaptées. Le Sénégal a également construit des routes et des ponts afin d’assurer des liaisons avec la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le mali et la mauritanie. En 2017, les exportations du Sénégal vers les pays membres de la CEAO représentaient 39,5 % des exportations totales et celles à destination des pays membres de l’UEmOA (30,3 %). Pour les accroître et réduire les coûts de transaction liés à la circulation des personnes et des marchandises, les autorités devraient développer les infrastructures de transport, en particulier la ligne ferroviaire Dakar-Bamako.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

Revenu fixe

En qualité d’État membre de l'UEMOA, le Sénégal ne jouit d’aucune souveraineté sur les décisions en rapport avec la  politique monétaire. Les décisions sont prises par la BCEAO en accord avec tous les États membres. Le rôle principal de la BCEAO consiste à veiller à la stabilité des prix.

La Conférence des Chefs d'État est l'autorité suprême de l'Union. Elle décide de l'adhésion de nouveaux membres, et prend toutes les décisions sur les questions qui lui sont soumises par le Conseil des Ministres.

Le Conseil des ministres définit la politique monétaire et d’octroi de crédit de l'Union afin de préserver la valeur de la monnaie et financer les activités et le développement économique des États de l'Union. Il approuve ces conventions de compensation et les paiements en devises entre la Banque centrale et les institutions communes en publiant les réglementations visant à faciliter les échanges avec les États non membres de l'Union.

Dans la zone UEMOA, le ratio de la dette publique par rapport au PIB doit rester en dessous de 70 %. Au Sénégal, la dette intérieure par rapport au PIB était de 11,81 % à la fin de 2012. Ce faible niveau de la dette intérieure cache le besoin élevé de financement extérieur, au regard de la dette extérieure qui représente 76 % de l’ensemble de la dette publique. Par rapport au PIB, Le volume total de la dette (extérieure et intérieure) avoisine 40 %.

En septembre 2012, le gouvernement du Sénégal a adopté, pour la première fois, une stratégie de gestion de la dette à moyen terme pour la période 2013-2016. Il a été décidé de scinder les emprunts en deux volets, 75 % pour la dette extérieure et 25% pour la dette intérieure. Pour la dette intérieure, la stratégie préconisée au titre de la période 2013-2016 compte augmenter la durée de l’échéance. Les bons du Trésor censés arriver à échéance au terme d’une année devront, en principe, disparaître en 2015. Les titres de créance dont l’échéance était de 5 ans, par contre, verront cette dernière augmenter.

Guide d’achat des obligations

Procédures de participation au marché boursier 

La fréquence des adjudications est déterminée par les États, en collaboration avec la Banque centrale. Aucun État ne peut tenir des adjudications de bons du Trésor et de titres de créance d’État (obligations du gouvernement) plus d'une fois par semaine. En accord avec la Banque centrale et en tenant surtout compte des prévisions de recettes et des dépenses du gouvernement, le Ministre des finances publie chaque trimestre le calendrier d’adjudication des bons du Trésor qui précise les instruments et leurs montants accompagnés de leurs échéances. Pour les obligations d’Etat, par contre, le Ministre des finances, en collaboration avec la Banque centrale, fixe, chaque année, le calendrier indicatif d'émission des titres de créance qui précise les instruments et leurs montants, accompagnés de leurs échéances.

Toute émission des titres de créance devrait être rendue publique 7 jours, au moins, avant la date d’adjudication et indiquer les caractéristiques de l’émission. 

Les soumissionnaires soumettent à la Banque centrale un formulaire de soumission dans une enveloppe déposée dans une urne scellée réservée à cet effet. La soumission est censée préciser les montants et les taux d'intérêt ou le prix offert. Le dépôt des soumissions peut également s’effectuer par messagerie électronique dans les conditions définies par la Banque centrale.

Au plus tard une heure après la date limite du dépôt des offres, les directions nationales de la BCEAO transmettent par messagerie électronique, par télécopieur ou par tout autre moyen rapide de communication agréé par la Banque centrale, les principales soumissions à l'agence principale de la BCEAO chargée d’organiser l’adjudication.

Les bons du Trésor sont admissibles au refinancement par la Banque centrale. Les investisseurs et la Banque centrale peuvent acheter ou vendre, sur le marché secondaire, les obligations d’État attribués par entente directe. Dans ce contexte, ils sont tenus d'afficher le prix d'achat et de vente, sur la base duquel ils souhaitent négocier leur transaction.

Les obligations d’État peuvent être négociées sur le marché secondaire. À ce titre, ils peuvent s’échanger à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) ou en dehors de la BRVM.

Cycle de règlement

La date de règlement des transactions est de T + 1 pour les opérations nationales et de T + 3 pour les opérations effectuées entre les membres de l'Union. Cette période peut être modifiée par la BCEAO. Les parties contractantes sont, toutefois, libres de s'entendre sur une durée supérieure au seuil minimal pour dénouer leurs opérations. Si les instructions données par les deux parties sont identiques, l'opération est certainement compensée à la date de valeur convenue. En cas de divergence entre les pièces justificatives, la Banque centrale suspend la transaction et informe les deux parties de sa décision afin de corriger les anomalies constatées. La Banque centrale s’assure de l'existence de provisions suffisantes avant l'exécution de la compensation requise. La transmission des notifications à la Banque centrale survient au cours de la sélection des intervenants, par télécopie, par télex, par courrier ordinaire ou par tout autre moyen de communication rapide agréé par la BCEAO.

Imposition 

Les intérêts générés par les bons du Trésor et les obligations d’État sont affranchis de tout impôt sur l’ensemble du territoire des États membres de l'UEMOA. Mais pour les États non-membres, les taux d'imposition sont différents d'un pays à l'autre. Au Sénégal, le taux d'imposition des revenus des valeurs mobilières est égal à 6%.

Notation de crédit

Agence de notation Note actuelle Perspective
Moody’s B+ Négative
Fitch B1 Stable
Standard and Poor’s Aucune note Aucune perspective

Principaux négociants  

Il n’existe pas de système approprié de principaux négociants dans la zone de l’UEMOA. 

La souscription des bons du Trésor est réservée aux banques commerciales, aux institutions financières ainsi qu’aux institutions financières régionales détentrices d’un compte courant ordinaire dans les livres de la Banque centrale. D'autres investisseurs au nombre desquels les personnes physiques ou morales, quel que soit leur pays d'origine peuvent également acheter des bons du Trésor sur le marché primaire par le canal des banques domiciliées dans le territoire de l'Union.

La souscription des obligations d’État sur le marché primaire est limitée aux banques, aux institutions financières, aux organisations régionales et à la société financière de gestion et d'intermédiation (SGI). D'autres investisseurs, des personnes physiques ou morales, quel que soit leur pays d'origine peuvent également acheter des obligations d’État sur le marché primaire par le canal des banques et des sociétés de courtage (SGI) domiciliées dans le territoire de l'Union.

Restrictions du marché financier 

Ouverture aux investisseurs internationaux                                                                           

Les membres de la zone encouragent activement l'investissement étranger. Les entreprises étrangères sont libres d'investir et de coter les titres de créance sur la bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan et dominée par les entreprises ivoiriennes et sénégalaises.

Contrôle des capitaux 

Il n’existe pas de restrictions importantes imposées aux investissements étrangers, tout comme il n’est prévu aucune différence de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers, d’une manière générale, que ce soit en termes de niveau de la propriété étrangère ou du secteur de l'investissement.

Restrictions sur les opérations de change et rapatriement des bénéfices 

L’UEMOA a unifié la réglementation des changes. Dans le cadre de cette réglementation, il n’existe pas de restrictions pour les transferts au sein de la communauté, et les banques commerciales désignées sont en mesure d'approuver les opérations régulières de change à l'intérieur de la communauté. Le transfert à l'étranger du produit de la liquidation des investissements directs étrangers ne nécessite plus l'approbation préalable des gouvernements.

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