Égypte

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives


La croissance économique en Égypte, estimée à 5,6 % pour 2019, devrait se renforcer pour atteindre 5,8 % en 2020 et 6 % en 2021, soutenue par les vastes programmes de réforme économique mis en œuvre depuis 2016. Parmi les autres facteurs soutenant la croissance, citons le rééquilibrage des programmes d’inclusion sociale du gouvernement (lesquels sont passés de subventions générales sur les produits énergétiques à des transferts ciblés), ainsi que l’amélioration de l’environnement des affaires. Les secteurs du tourisme, de la construction, du pétrole et du gaz représentent les principaux moteurs de croissance. du côté de la demande, la consom- mation est restée modérée, les exportations et les investisse- ments étant plus robustes.

Un vaste plan de recentrage a permis la mise en place d’une nouvelle taxe sur la valeur ajoutée et une réduction progressive des subventions à l’énergie, ce qui a permis de réduire le déficit budgétaire de 12,5 % du PIB pour l’exercice 2016 à 8,7 % pour l’exercice 2019. Les soldes primaires ont enregistré un excédent au cours des deux dernières années. La croissance de la dette a été contenue, le ratio de la dette par rapport au PIB étant passé de 103 % en 2017 à 89,5 % en 2019, en partie grâce à la croissance rapide du PIB nomi- nal. Le déficit du compte courant s’est réduit à 2,3 % en 2019, et les réserves de change ont atteint un niveau record de 44,96 milliards USd en août 2019. Les pressions inflationnistes s’atténuent également, s’établissant à 8,7 % en glis- sement annuel en juillet 2019, soit le niveau le plus bas des quatre dernières années.

Le budget pour 2020 suppose un taux de croissance de 6 % optimiste, mais réalisable. Au premier trimestre de 2019, le taux de chômage est tombé à 8,1 %, son plus bas niveau depuis 20 ans.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives de l’Égypte sont favorables. La croissance du PIB réel devrait maintenir sa dynamique sous l’impulsion d’une demande intérieure élevée et de la croissance des exportations. L’Égypte exporte désormais du gaz à la suite de la découverte du gisement de Zhor. La croissance plus inclusive, le chômage en baisse et les retraites et salaires en hausse devraient stimuler les dépenses de consommation. Les pouvoirs publics favorisent l’intégration de l’Égypte au reste de l’Afrique, ce qui devrait stimuler les exportations.

L’Égypte a gagné six places dans la dernière édition du rapport « doing Business » de la Banque mondiale, atteignant le 114e rang sur 190. L’amélioration du climat des affaires devrait stimuler les investissements intérieurs et attirer davantage d’investissements directs étrangers. La baisse de l’inflation devrait se poursuive. en raison de ces évolutions, la poli- tique monétaire devient moins restrictive. des réductions des taux d’intérêt de la banque centrale allégeraient également la charge de remboursement de l’importante dette à court terme de l’administration publique.

La dépréciation de la monnaie en 2016 a provoqué une forte augmentation du coût de la vie. Malgré les politiques gouvernementales d’inclusion sociale et les résultats éco- nomiques positifs des réformes, la pauvreté est passée de 27,8 % en 2016 à 32,5 % en 2019. Cette augmentation pourrait avoir une influence sur les programmes gouvernementaux de protection sociale. en particulier, les principaux programmes de transferts monétaires Takaful et Karama (Soli- darité et dignité) ont été considérablement étendus depuis leur introduction en 2016, passant de 200 000 à 2,3 millions de ménages en 2019. Pourtant, elles ne bénéficient qu’à un tiers des pauvres, soit environ 10 millions de personnes.

Les secteurs agricole et manufacturier, qui représentent environ 13 % et 15 % du PIB, sont restés stables. Les inves- tissements privés, concentrés dans l’immobilier et l’énergie, ne dépassent toujours pas 9 % du PIB. Le crédit privé reste modéré, passant de 36,2 % du crédit total en 2011 à 22,7 % en 2019. Bien que les exportations nettes soient devenues le principal contributeur à la croissance du PIB en 2019, les exportations non pétrolières restent modestes, ce qui illustre la faible répercussion de la dépréciation de la monnaie. de plus, 60 % des dettes affichent encore une échéance d’un an ou moins. Si le chômage est en baisse, il reste élevé chez les jeunes (26 %) et les femmes (38 %).

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Résumé

La courbe de rendement des titres d’État a été étendue à 20 ans avec cinq points de référence (1,5-3-5 et 10 ans)

L’Égypte occupe la 3place du classement ABMDI de 2017. 

Stratégie d’émission

Dans le cadre de la gestion de la dette à moyen terme, l’objectif suivant a été fixé :

La dette du gouvernement central en pourcentage du PIB doit s’élever à 84,9 % (70,6 % pour la dette intérieure et 14,3 % pour la dette extérieure) d’ici 2020/21 et à 79,5 % (66,2 % pour la dette intérieure et 13,3 % pour la dette extérieure) d’ici 2021/22. 

La part maximale de la dette intérieure négociable du gouvernement central autorisée à arriver à échéance dans un délai d’un an et le montant maximal de la dette soumise à la re-fixation du taux d’intérêt sont tous deux limités à 50 % de la dette intérieure négociable totale.

La part de la dette négociable par rapport à la dette non négociable doit atteindre 70 % pour la dette négociable contre 30 % pour la dette non négociable d’ici la fin 2020-2021.

L’échéance moyenne de la dette intérieure et extérieure négociable du gouvernement central doit être de 4 ans à la fin de l’année fiscale (2020-2021) et de 4,5 ans en fin 2021-2022. 

Pour ce faire, la stratégie de gestion de la dette consiste à émettre des volumes de plus en plus importants d’obligations du Trésor assorties d’une échéance plus longue, par des émissions et des réouvertures constantes, afin d’allonger la durée de vie moyenne du stock de la dette, de consolider la courbe de rendement des titres d’État et de réduire le risque de refinancement.  

La stratégie recommande la diversification des sources de financement par l’émission de nouveaux instruments, tels que les « Sukuk » pour financer des projets de développement et d’infrastructure, ainsi que l’élargissement de la base d’investisseurs en attirant les petits investisseurs et en incorporant davantage d’institutions financières non bancaires. 

Pour soutenir le développement du marché et passer à une phase plus transparente et plus visible, le plan d’émission comporte quatre étapes : 

Se concentrer sur un « nombre limité » d’échéances de référence, à savoir 3, 5, 7 et 10 ans. 

Augmenter le nombre de réouvertures de chaque titre et porter l’encours cible à environ 12 à 15 milliards de livres égyptiennes par obligation du trésor. 

Afin d’éviter la saturation, les échéances seront émises toutes les deux semaines : les obligations du trésor à 1,5, 3 et 7 ans sont émises le même jour, tandis que les obligations à 5 et 10 ans sont émises le lundi suivant. 

Les journées d’adjudication sont organisées de manière à éviter l’éviction des échéances concurrentes. Ainsi, les titres à 6 et 12 mois sont émis le jeudi, ceux à 3 et 9 mois le dimanche, et les obligations du Trésor sont émises le lundi. 

Indice de référence

L’Égypte s’est concentrée sur un nombre limité d’échéances de référence, précisément à 1,5-3-5-7 et 10 ans pour établir une courbe de rendement consolidée. Afin de favoriser le développement et la disponibilité d’une plus large gamme de produits financiers pour les participants du secteur financier et l’amélioration du marché des capitaux et des produits dérivés, la Banque centrale d’Égypte (CBE) a introduit un nouveau taux d’intérêt sans risque de référence appelé CONIA, le Cairo Overnight Index Average benchmark (taux moyen au jour le jour du Caire).

Courbe de rendement

Modèles de calcul de la courbe de rendement

L’établissement d’une courbe de rendement de référence est une condition préalable à l’émission. Le pays a mis en place une courbe de rendement sur la base du modèle Nelson-Siegel. C’est une courbe de rendement implicite. 

Méthodes d’interpolation

La méthode d’interpolation linéaire est utilisée. 

Gestion de la courbe de rendement

La courbe de rendement est établie par la Banque centrale d’Égypte.

Affichage de la plateforme

La courbe de rendement est accessible sur le site de Bloomberg. 

Défis liés à la mise en place d’une courbe de rendement efficace

  • La fragmentation du marché 
  • Le caractère peu liquide et restreint du marché secondaire 
  • L’étroitesse de la base d’investisseurs

Guide d’achat des obligations

Procédures relatives à la participation au marché

Avant de pouvoir négocier des titres cotés ou échangés à la Bourse égyptienne (EGX), les investisseurs sont tenus d’ouvrir un compte de courtage auprès d’un membre agréé de l’EGX ou d’une société de courtage approuvée par l’Autorité des marchés financiers. Tous les investisseurs doivent ouvrir des comptes auprès des « dépositaires », qui sont principalement des banques et d’autres membres. Cela permet à l’EGX de consulter le solde de leurs comptes en ligne avant toute opération de vente. Les transactions sur les marchés égyptiens se font par le biais du système d’échange de l’EGX.

Les sociétés membres autorisées de l’EGX doivent enregistrer les ordres de leurs clients dès leur réception. Les membres doivent s’assurer que les titres vendus sont disponibles avant l’exécution et si les membres passent un ordre d’achat de titres, ils doivent s’assurer que les fonds nécessaires sont disponibles avant d’exécuter leur opération.

Cycle de règlement

Le règlement est effectué selon les modalités suivantes :

T+0 pour les titres traités dans le cadre des échanges intrajournaliers 

T+1 pour les bons du Trésor traités à partir du système des spécialistes en valeurs du Trésor

T+2 pour toutes les autres catégories d’actifs

Imposition

Aucun impôt n’est prélevé sur les dividendes et les plus-values pour les investissements des particuliers, des sociétés, des fonds communs de placement et des fonds internationaux. En outre, aucun droit de timbre n’est perçu sur les investissements en valeurs mobilières. Les revenus d’intérêts sur les obligations d’entreprises sont exonérés d’impôts. En revanche, les revenus d’intérêts sur les bons du Trésor sont imposés à 20 %. 

L’Égypte a signé des conventions fiscales avec les États-Unis et le Royaume-Uni. Par conséquent, les investisseurs de ces pays sont imposés à 15 % au lieu de 20 %.

Notation

Agence de notation Notation actuelle Perspectives
Moody's B2 Stable
Fitch B+ Positive
Standard and Poor's B Stable

Spécialistes en valeurs du Trésor

L’EGX publie quotidiennement la liste des spécialistes en valeurs du Trésor sur son site web. 

Restrictions de marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Aucune restriction n’empêche les investisseurs étrangers de participer au marché égyptien des capitaux. En outre, les investisseurs étrangers et les membres d’entreprises étrangères sont traités de la même manière que leurs homologues égyptiens.

Contrôle des capitaux

Le transfert du produit des ventes des clients internationaux limite l’attractivité de la Bourse égyptienne pour les investissements étrangers. Par conséquent, le MCDR, en collaboration avec l’Autorité des marchés financiers et la Banque centrale d’Égypte, a mis au point un nouveau mécanisme pour le transfert de la valeur de ces transactions.

Restrictions sur les opérations de change et le rapatriement des bénéfices

Aucune règle n’interdit le rapatriement des bénéfices ou des plus-values.

Documents et ressources

Documents - Ministère des Finances

Documents - Debt Management Office

Documents - Banques Centrales

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