Libye

Résumé pays

Performances macroéconomiques: Les principaux indicateurs macroéconomiques restent instables. Ils sont déterminés par la production pétrolière, qui est peu reluisante et inégale en raison de l’insécurité, de l’instabilité politique, de la médiocrité des infrastruc- tures et de la limitation des dépenses fiscales publiques. En juin 2018, à la suite d’une attaque contre les champs pétro- liers et les principaux terminaux, la production a chuté de près de 1 million de barils par jour à 400 000. Lorsque la tourmente s’est calmée en octobre et novembre, la produc- tion de pétrole a atteint environ 900 000 barils par jour, mais la tension a repris en décembre, ce qui l’a encore troublée et certaines infrastructures endommagées n’ont pas été entiè- rement reconstruites. Par conséquent, la croissance du PIB réel en 2018 n’a pas répété celle de 2017, bien qu’elle soit demeurée considérable, à un taux estimé à 10,9 %.
L’inflation – un taux cumulatif de 80 % au cours des der- nières années – reflète le manque de biens et de services et l’existence d’un marché parallèle de change alimenté par la disponibilité de devises étrangères. L’inflation est tombée de 28,5 % en 2017 à 13,1 % en 2018, en raison de l’appréciation du dinar sur le marché parallèle due à l’offre accrue de devises fortes. mais les dépenses budgétaires n’ont pas permis de réduire les difficultés économiques causées par l’inflation, car la majeure partie a été consa- crée à la sécurité, tandis que 24,5 % ont été consacrés aux salaires, 6,6 % aux subventions, et seulement 4,7 % au développement. Grâce à l’augmentation des recettes pétrolières due à la hausse des prix du pétrole en 2018, le déficit budgétaire est tombé, selon les estimations, à 4,2 % du PIB, contre 43,2 % en 2017 et 113 % en 2016.
La balance des opérations courantes est restée excé- dentaire en 2018, à un niveau estimé à 1,5 % du PIB, bien en deçà des 8,4 % enregistrés en 2017. Les importations ont continué de diminuer au premier trimestre de 2018 en raison des restrictions à l’importation.

Perspectives : facteurs positifs et négatifs: La croissance du PIB devrait être de 10,8 % en 2019 mais de 1,4 % en 2020. malgré la situation politique, l’État a approuvé en septembre 2018 un programme de réforme économique dans le cadre duquel les subventions du car- burant seront réduites et le dinar dévalué afin d’éliminer l’écart considérable entre les taux de change officiel et parallèle du marché.
En 2017, la Libye occupait le deuxième rang des réserves de change en Afrique, avec un montant estimé à 79,4 milliards USD. Elles ont chuté par rapport à leur sommet de 2012, qui était d’environ 124 milliards USD, mais ont rebondi par rapport à un niveau plus bas en 2016 grâce à un meilleur secteur pétrolier et à la position budgé- taire du pays. Si la Libye produit plus d’un million de barils de pétrole brut par jour, l’État aura suffisamment de res- sources en 2019 pour élaborer un plan de relance écono- mique et social diversifié.
En 2018, alors que la Libye souffrait de sa crise poli- tique, la situation humanitaire a continué de se détériorer, avec environ 1,1 million de personnes ayant besoin d’une assistance et d’une protection vitales, selon le bulletin humanitaire de janvier 2018 de la mission d’appui des Nations Unies en Libye. Les élections prévues pour 2018 ont de nouveau été reportées à 2019 en raison de la situa- tion sécuritaire.
Le manque de capacités et de coordination dans le secteur public entrave une gouvernance efficace et effi- ciente, et les institutions publiques manquent d’expertise technique et d’un cadre stratégique pour la planifica- tion. Le pays demeure sur la liste des États fragiles. Il a besoin d’institutions plus stables pour relever ses défis les plus urgents, notamment un taux de chômage élevé, un faible capital humain et le manque d’eau, d’électricité et d’infrastructures.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2019

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.