Maroc

Résumé pays

Performances macroéconomiques et perspectives

Avec un taux de 2,9 % en 2019, la croissance du PIB réel a poursuivi sa décélération. Le stress hydrique a limité les performances du secteur agricole, qui occupe environ 46 % des actifs. La croissance dans la zone euro, qui compte pour 76 % des échanges du Maroc, était faible. depuis 2013, l’élan de diversification des exportations dans les chaînes de valeurs des métiers mondiales s’est consolidé (+13 % pour l’automo- bile, + 8,2 % pour l’agroalimentaire, +10,1 % pour l’aéronau- tique et + 6 % pour l’électronique).

depuis 2013, le poids du secteur secondaire dans le PIB est demeuré quasi constant (26,1 % en moyenne). Le poids de l’agriculture dans le PIB a stagné à 12,4 % en moyenne, en dépit du Plan Maroc vert destiné à promouvoir l’agriculture et mieux l’arrimer à l’industrie. L’inertie de la composition du PIB reflète une faible productivité totale des facteurs dans l’agriculture et l’industrie.

Les efforts pour améliorer le cadre macroéconomique en 2019 se poursuivront en 2020 et 2021. La politique budgétaire visera à concilier la baisse des dons en provenance du Conseil de coopération du Golfe (CCG), l’augmentation des dépenses sociales pour un modèle de développement plus inclusif et la nécessité d’une gestion plus rigoureuse et prudente de la dette. Le déficit budgétaire, financé par le marché domestique est tombé à 3,6 % du PIB en 2019 et devrait atteindre 3,3 % en 2021 grâce à de meilleures per- formances fiscales et contrôle des dépenses. La dette des entreprises et établissements publics était estimée à 16 % du PIB en 2018.

La restructuration du portefeuille de dette auprès du CCG, qui représentait 4 % de l’encours du Trésor en 2018, a été accélérée pour limiter l’effet de la volatilité de ces monnaies.

La dette du Trésor, estimée à 65,3 % du PIB en 2018, devrait baisser à 65,1 % en 2019, puis à 63,1 % en 2021, sous l’effet d’une croissance du PIB réel plus robuste. Le déficit du compte courant, 5,5 % du PIB en 2018 en raison de la facture pétrolière et des importations de biens d’équipement, devrait passer de 4,6 % en 2019, à 3,9 % en 2020, puis à 3,7 % en 2021. L’infla- tion devrait être autour de 1,0 % sur la période 2019–2021.

Facteurs favorables et défavorables

Les perspectives économiques à moyen terme restent favorables et la croissance du PIB réel devrait rebondir à 3,7 % en 2020 et s’établir à 3,9 % à partir de 2021.

La position géographique stratégique du Royaume peut servir de hub de projection pour les entreprises étrangères désireuses d’opérer ou s’établir en Afrique. L’amendement de la loi sur les PPP et la politique de régionalisation avancée offrent des opportunités d’investissements au secteur privé, mais la forte dépendance de l’agriculture au climat pourrait constituer un frein à la croissance.

Le pays fait face à trois grands défis structurels. Premièrement, le développement du capital humain à travers l’éducation et la formation doit être plus en lien avec les besoins du secteur privé. deuxièmement le système de protection sociale, qui coûte 3 % du PIB (contre 2 % dans les pays à revenu intermédiaire), doit être optimisé et rationalisé. et troisièmement les rigidités du marché du travail doivent être réduites, afin de diminuer le chômage des jeunes.

L’ouverture au secteur privé des activités et des services encore opérés par les établissements et entreprises publiques stimulerait la compétitivité et induirait un regain de productivité des facteurs travail et capital. enfin, un renforcement de la gouvernance accroîtrait l’efficacité de l’action publique et réduirait les disparités géographiques.

État de préparation du secteur de la santé

L’indice mondial de sécurité sanitaire 2019 place le Maroc à la 68e place sur 195 pays, et à la 4e place en Afrique. C’est donc un des pays les mieux placés pour affronter une crise sanitaire. Le secteur de la santé est suffisamment préparé pour traiter les patients malades et pour protéger les travailleurs de la santé. De plus, le Maroc a rapidement mis en place un fonds spécial COVID–19 qui lui a permis d’acquérir rapidement des kits de dépistage et d’équipement. Grâce à des subventions spéci- fiques, les entreprises marocaines ont augmenté la production de masques pour satisfaire la demande nationale et ont exporté les excédents. Le port du masque est désormais obligatoire.

Réponse du gouvernement

L’urgence sanitaire a été déclarée le 20 mars, et un couvre-feu a été mis en place le 22 mars. L’ordonnance de confinement a été étendue jusqu’au 10 juin. Grâce au fonds spécial COVID–19, le Maroc a pu se procurer 100 000 kits de dépistage, 550 res- pirateurs et 1 000 lits de soins intensifs, portant le total à 2 642. Des hôpitaux de campagne ont été installés avec le soutien de l’armée. Le Comité de veille économique (CVE) a créé des filets de protection sociale pour soutenir les travailleurs, qui com- prenaient le versement d’une allocation mensuelle de 2 000 dirhams (environ 203 dollars US) aux employés des entreprises en difficulté et une assistance mensuelle directe allant de 800 à 1 200 dirhams (entre 81 et 216 dollars US) pour les travailleurs des secteurs informels, distribués par paiement mobile.

Les mesures de soutien en faveur des entreprises les plus petites comprennent : la suspension des paiements de sécu- rité sociale du 1e mars au 30 juin ; un moratoire sur les prêts bancaires et le remboursements des baux jusqu’au 30 juin ; l’établissement de lignes de crédit pour les entreprises en difficulté avec un soutien gouvernemental allant jusqu’à 95 % à un taux d’intérêt indexé sur le taux directeur de la Banque centrale ; la suspension du paiement des taxes pour les entreprises ayant déclaré moins de 20 millions de dirhams de ventes brutes en 2019 ; la suspension des droits de douanes sur les importations de blé tendre jusqu’au 15 juin.

En mars, la Banque centrale a élargi la marge de fluctuation du dirham à ±5 % contre ±2,5 % depuis janvier 2018, et a réduit le taux d’intérêt à 2 %. En outre, le 7 avril, les autorités ont retiré toutes les ressources, d’un montant de 3 milliards d’USD, de la ligne de précaution et de liquidité dans le cadre de l’accord triennal pour la période 2018–2020 conclu avec le FMI. Ce retrait a compensé la faible mobilisation des ressources nationales et a augmenté les réserves en devises étrangères du Maroc de 25,5 millions d’USD, soit 5,2 mois d’importations et 303 % des remboursements de la dette à court terme. Des appuis bud- gétaires s’élevant à 792 millions d’USD attendus d’autres par- tenaires permettront au gouvernement d’honorer ses engage- ments et d’atténuer les effets négatifs de la pandémie.

Source: Perspectives économiques en Afrique 2020

Revenu fixe

Résumé

La courbe de rendement des titres d’État a été étendue à 30 ans avec neuf points de référence. 

Le Maroc occupe la 8place du classement ABMDI de 2017. 

Stratégie d’émission

Assurer un financement stable et durable au Trésor et, à terme, réduire le coût de la dette, tout en minimisant les risques. Encourager l’arbitrage entre les ressources internes et externes (75 % - 25 %). Contribuer au développement du marché des titres du Trésor.

Émissions de référence

Il existe neuf échéances de référence (3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 ans) pour les titres d’État en monnaie locale (MAD). 

Courbe de rendement

Modèles de calcul de la courbe de rendement

La courbe de rendement sert de référence pour le marché. Elle a été mise au point pour évaluer les actifs financiers marocains. La méthode de calcul utilisée s’articule autour de : 

  1. la collecte de données concernant les transactions sur les marchés primaire et secondaire des titres réglés par Maroclear, le dépositaire central du Maroc ; 
  2. la segmentation par échéance résiduelle ; 
  3. l’inclusion des transactions récentes ;
  4. les taux publiés pour chaque échéance, qui sont des taux moyens pondérés par cours ;

Les rendements sont exprimés en :

  • taux monétaires pour des échéances allant jusqu’à 1 an ; 
  • taux actuariels pour les échéances supérieures à 1 an.

La méthode d’adjudication est utilisée par le gouvernement du Maroc et certaines émissions font l’objet d’une réouverture. 

Méthodes d’interpolation

Si le rendement à un certain point de la courbe n’a pas été négocié, une interpolation est utilisée pour générer un rendement approprié. Le Maroc utilise l’interpolation linéaire. 

Gestion de la courbe de rendement

La courbe de rendement du Maroc est générée par Bank AL-MAGHRIB sur une base quotidienne. 

Affichage de la plateforme

La courbe de rendement est disponible sur deux plateformes électroniques : le site web de Bank Al-Maghrib et Bloomberg. 

Défis liés à la mise en place d’une courbe de rendement efficace

Manque de transparence dans la fixation des prix : il n’y a pas de cotations pour les titres d’État.

Guide d’achat des obligations

Procédures relatives à la participation au marché

Les offres sont reçues par Bank al-Maghrib, qui transmet à son tour différentes offres anonymes au département compétent du ministère des Finances, qui fixe le taux ou le prix plancher pour l’adjudication. Les offres faites au prix plancher ou à un prix supérieur ou égal au prix plancher sont satisfaites. Les offres retenues sont réparties en fonction des taux ou des prix proposés par les souscripteurs.

Le règlement des bons du Trésor a lieu le lundi suivant l’adjudication pour les instruments dont l’échéance est supérieure ou égale à 13 semaines. Pour les titres à court terme, assortis d’échéances inférieures à 13 semaines, le règlement a lieu le lendemain de l’adjudication.

Les bons du Trésor peuvent être émis avec les mêmes caractéristiques que les émissions précédentes, notamment en ce qui concerne le taux et l’échéance, et avec le même code d’identification. Dans ce cas, l’émission ne sera pas forcément au pair et pour le règlement, les contractants paient, en plus du prix, le montant des intérêts courus de la date de coupon précédent à l’échéance du bon du Trésor.

Les bons du Trésor soumis par appel d’offres sont négociés de gré à gré. Le marché secondaire des bons du Trésor est également un marché de gré à gré. L’acheteur et le vendeur doivent déclarer chaque transaction sur le marché secondaire à Bank al-Maghrib. 

Cycle de règlement

Le règlement des adjudications a lieu chaque lundi après chaque séance d’adjudication. Sur le marché secondaire, les transactions sont appariées et réglées le jour même, à moins que les parties ne conviennent d’une autre date. Une fois la transaction terminée, les participants au marché peuvent envoyer leurs instructions de règlement contre livraison à MAROCLEAR. Ces instructions sont prises en charge en temps réel dans le système d’appariement. Les instructions appariées génèrent des flux de réception des demandes et de livraison irrévocables, réglés le jour même.

Imposition

Les revenus des titres à revenu fixe sont soumis à une retenue à la source de 20 % au titre de l’impôt des sociétés et à une retenue à la source de 30 % au titre de l’impôt des personnes physiques. Le taux maximal de l’impôt sur le revenu est de 38 % et celui de l’impôt sur les sociétés est fixé à 30 %. Les établissements de crédit et les sociétés de leasing sont soumis à un taux de 37 %.

Notation

Agence de notation Note actuelle Perspective
Moody’s Ba1 Stable
Fitch BBB- Stable
Standard and Poor’s BBB- Négative

Spécialistes en valeurs du Trésor

Les bons du Trésor souscrits par appel d’offres sont enregistrés sur un compte auprès de Bank al-Maghrib au nom des spécialistes en valeurs du Trésor. Les spécialistes en valeurs du Trésor sont autorisés à faire des offres à partir de leur propre compte et au nom de leurs clients. Les spécialistes en valeurs du Trésor agissent non seulement comme intermédiaires entre les investisseurs et le Trésor sur le marché primaire, mais ils assurent la liquidité du marché secondaire et conseillent le Trésor sur les perspectives du marché. 

Au 31 décembre 2012, les institutions suivantes étaient désignées comme spécialistes en valeurs du Trésor sur le marché marocain : 

Restrictions de marché

Ouverture aux investisseurs internationaux

Toutes les personnes résidentes ou non résidentes peuvent acheter des titres de créance de l’État. Cependant, il existe plusieurs contraintes en matière de gestion des actifs, qui empêchent de profiter réellement des opportunités du marché. Les frais de gestion sont trop élevés.

Contrôle des capitaux

Les investissements étrangers sont autorisés, même si certains mécanismes ont été mis en place pour protéger une partie du capital des entreprises. Néanmoins, le gouvernement tente d’accroître la participation des investisseurs étrangers. 

Restrictions sur les opérations de change et le rapatriement des bénéfices

Les investisseurs étrangers peuvent convertir le Dirham marocain pour des opérations en compte courant et en compte capital. Il existe certaines restrictions à la convertibilité du compte de capital. La conversion est autorisée si l’investissement initial est enregistré auprès de l’Office des changes.

Dans certains cas, les banques commerciales fournissent des services de change sur simple demande des investisseurs étrangers, sans autorisation du gouvernement.

Ouverture aux investisseurs internationaux

Toutes les personnes résidentes ou non résidentes peuvent acheter des titres de créance de l’État. Cependant, il existe plusieurs contraintes, comme les frais de gestion, qui empêchent de profiter réellement des opportunités du marché.

Documents et ressources

Documents - Ministère des Finances

Documents - Debt Management Office

Documents - Stock Exchange

Documents - Other sources

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.